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ARKTIKA 2.0, la nouvelle expédition de l'explorateur français Gilles Elkaim
le 22 Mars 2015

Crédit : Raevens
Crédit : Raevens

L'explorateur polaire français, Gilles Elkaim, prépare une Première mondiale dans le sillage de l'explorateur norvégien Nansen.

Visionnez la présentation de sa nouvelle expédition ARKTIKA 2.0 :

ARKTIKA 2.0, (juillet 2015 – juillet 2017), une expédition hors du commun !

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

L'explorateur polaire français, Gilles Elkaim, s'apprête à tenter une Première mondiale. Pendant deux ans, de la mi-juillet 2015 à 2017, il va entreprendre, en solitaire et en autonomie, une dérive polaire à bord de son voilier Arktika à travers l'océan glacial arctique, puis rallier le pôle Nord en traineau à chiens avant de tenter de retrouver son bateau soumis à la dérive. Une expédition que personne n'avait encore jamais tentée.

Gilles Elkaim est explorateur polaire et physicien de formation. En 2004, il est devenu le premier homme au monde à accomplir la traversée intégrale de l'Arctique eurasien en traîneau à chiens et en kayak. Entre 2012 et 2014, il a mené son voilier polaire Arktika autour du Groenland puis effectué la première circumnavigation arctique d'Est en Ouest enchainant les Passages du Nord-Ouest (lire son récit ci-dessous) et du Nord-Est.

Gilles Elkaim vit aujourd'hui en Laponie finlandaise où il dirige un élevage de chiens de traîneau sibériens unique au monde. Il a reçu, pour son expédition Arktika, la Médaille d'Or de la Société de Géographie, en 2004 et le Trophée Peter Bird, en 2005. Le récit de son aventure : Arktika, quatre ans d'odyssée sur la banquise (Toison d'Or du livre d'aventure 2005, Prix René Caillié 2006), est publié aux éditions Robert Laffont.

ARKTIKA
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Pour en savoir + et suivre Gilles :

www.arktika2.com

www.facebook.com/arktika2

Lire le dossier de l'expédition

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

En 2013, Gilles Elkaim a franchi le passage du Nord-Ouest à bord d'Arktika.

Lire son récit ci-dessous.

Arktika est né du reconditionnement complet en France, en 2011 et 2012, d'un bateau construit en 1984 par le célèbre chantier naval Meta, spécialisé dans la chaudronnerie d'aluminium épais. Tout à bord a été méticuleusement pensé et étudié pour la navigation dans les glaces avec un cahier des charges strict concernant la sécurité, la fiabilité, l'autonomie et le confort, dans le respect de l'environnement extrême de l'Arctique. Les énergies renouvelables à bord (éoliennes, panneaux solaires) rechargent les batteries. La grande capacité des réservoirs de gas-oil (6000 litres) assure le chauffage à bord et de longues navigations sans escale technique. Sa coque ronde et sans quille permet d'échapper à la pression des glaces. Arktika est un bateau d'expédition conçu pour naviguer, vivre et hiverner de manière autonome et permettant d'envisager les missions les plus poussées d'exploration de l'Arctique.

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

Après une première mission sur la côte orientale du Groenland, en 2012, depuis Ammassalik jusqu'au nord du Scoresby Sund, Arktika s'engage en 2013 sur le Passage du Nord-Ouest avec en préambule une longue navigation autour du Groenland jusqu'à Thulé-Qaanaq (77°28'N).

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

La mythique Thulé excite mon imagination depuis ma prime jeunesse. En 1984, alors âgé de 24 ans, j'étais parti à l'aventure, sans le sou, pour vivre une année dans un petit village de la côte ouest du Groenland. J'y avais appris la langue eskimo, les chiens de traineau, la chasse et la pêche sur la banquise. Cette année passée chez les Inuit n'avait pas été qu'une palpitante aventure de jeunesse. Elle avait conditionné ma destinée et donné un sens à ma vie.

Le Passage du Nord-Ouest débute dans le détroit de Lancaster, mais des bourrasques de plus de 30 nœuds nous contraignent à un mouillage anticipé sur l'île Coburg, à l'entrée du Jones Sound. En ce 25 août, le paysage est déjà saupoudré de neige. Bienvenue au Canada arctique !

Le cap Sherard, au sud-est de l'île Devon, est doublé le 27 août. Nous embouquons le détroit de Lancaster. J'ai volontairement choisi d'entreprendre le Passage relativement tard dans la saison. Même si les conditions météo ne sont plus aussi clémentes qu'au cœur de l'été, le détroit de Bellot, clé du Passage comme nous le verrons par la suite, ne s'ouvre le plus souvent que vers la fin du mois d'août. D'ailleurs les sept autres voiliers engagés cette année-là se retrouveront bloqués à l'entrée de ce détroit. Nous sommes donc les bons derniers sur cette route mythique.

Pas de glace dans le détroit de Lancaster, mais une forte houle de suroît et un brouillard à couper au couteau. Deux routes vers le sud s'offrent au navigateur à la sortie du Lancaster. Le canal du Prince Régent, à l'est de l'île Somerset et le canal de Peel à l'ouest. D'après les rapports de glaces canadiens, ce dernier est encore bloqué avec une densité de 9 à 10 dixièmes. Nous empruntons donc le canal du Prince Régent qui nous conduira au détroit de Bellot, étroit bras de mer qui sépare le sud de l'île Somerset à la péninsule de Boothia, point le plus septentrional du continent américain.

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

Nous devons forcer notre route dans un pack de 6 à 7 dixièmes. Ouvrir un passage dans les glaces n'est pas exactement un travail de force mais une chorégraphie menée de concert entre le barreur, le chef d'orchestre, la vigie au nid de pie et les perchistes postés à l'avant. Tout ce petit monde communique dans un jargon des glaces à l'aide de talkie walkies. Arktika s'en tire à merveille. Sa solidité a été éprouvée au cap Farewell et je n'hésite pas à le faire chevaucher les plaques plein gaz ou à les pousser en les heurtant sans ménagement. La coque d'aluminium a une épaisseur de 15 mm dans les fonds et de 12 mm aux bordés. L'étrave est encore renforcée par un fer de 40 mm d'épaisseur..

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

Naviguer dans le Haut Arctique suppose de barrer manuellement 24 heures sur 24. Aussi près du pôle magnétique, la déclinaison est telle que le pilote n'est plus guère utilisable. Les instruments les plus utiles deviennent le GPS, le radar et le sondeur. La cartographie dans ces régions est loin d'être précise. Il ne faut donc pas y accorder trop de confiance. Pour cette raison, Arktika a tous ces équipements électroniques doublés.

Surprise à l'AIS, un cargo nous devance le long de la péninsule de Brodeur. Avec la fonte des glaces, le trafic maritime augmente chaque année dans les zones polaires. Nombreux sont désormais les navires à passagers qui proposent une croisière à travers le Passage du Nord-Ouest. Le ticket n'est pas vraiment bon marché, pourtant les touristes candidats à l'aventure polaire se font de plus en plus nombreux.

Fort Ross est un ancien comptoir de la Baie d'Hudson. Nous voilà le 30 août à l'entrée du détroit de Bellot. Le détroit est nommé en l'honneur d'un lieutenant de vaisseau de la marine française parti avec James Clark Ross à la recherche de Franklin disparu avec ses deux navires et ses 105 hommes d'équipage, en 1848. Ce n'est que près de dix années plus tard et après de multiples expéditions de recherche que le mystère de leur disparition sera partiellement levé.

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

Le détroit de Bellot est une clé du Passage du Nord-Ouest, mais il a une autre particularité : ses marées. Sur ses 15 milles de longueur, la marée s'inverse totalement, c'est-à-dire qu'elle est haute à l'entrée du détroit alors qu'elle est basse à la sortie. Au centre du détroit, la profondeur atteint 390 m alors qu'elle est de 20 m vers l'entrée. Le phénomène pourrait s'apparenter à celui d'une écluse si ce n'est que le courant peut atteindre 8 nœuds ! Autant dire que le calcul de marée est primordial avant de s'y engager. Ajoutez à cela les glaces dérivantes et vous comprendrez la difficulté d'un tel passage.

Il est 4 heures du matin lorsque je réveille mon équipage. Nous entrons au jour naissant dans le détroit. Tout le monde s'est rassemblé en timonerie pour assister au spectacle. Les premiers milles confirment un courant de marée portant. Le détroit est totalement libre de glace, le Passage du Nord-Ouest nous est ouvert.

Débouchant au sud du canal de Peel, nous aurions désiré faire le détour vers l'île du Roi Guillaume où eu lieu le désastre de l'expédition Franklin, mais la courte période de navigabilité du Passage du Nord-Ouest (un à deux mois) oblige à une course si l'on ne désire pas hiverner sur cet itinéraire où pourtant tant d'escales historiques invitent le navigateur. Une semaine plus tard et quelques coups de vent sur notre passage, nous atteignons l'ile de Victoria et arrivons à Cambridge Bay, bourgade de 1500 habitants des Territoires du Nord-Ouest.

J'espérais ici faire le plein de gas-oil, mais le précieux carburant est en déficit. Avant de quitter Cambridge Bay, nous allons mouiller pour la nuit à quelques encablures de l'épave du Maud d'Amundsen à bord duquel il avait franchi le Passage du Nord-Est. Nous avons suffisamment été bousculés pendant ces deux jours d'escale, drossés par des vents violents sur le petit quai public.

Le détroit de Dease est franchi sans qu'aucune glace ne vienne frotter la coque d'Arktika. Nous entrons dans le golfe du Couronnement et virons à la voile vers le nord pour une exploration d'une île sans nom de l'archipel du Duc d'York.

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

Les milles se gagnent durement dans le Passage du Nord-Ouest. Nous sommes frappés par un coup de vent peu avant Coppermine. Le village ne possédant pas de mouillage abrité, nous sommes contraints de nous dérouter vers Expeditor Cove, une petite baie fermée par une passe large d'un demi-mille et bordés de brisants. A la barre, j'en ai des sueurs froides. Arktika, vent arrière, est lancé dans des surfs à près de 10 nœuds. La moindre embardée dans la passe deviendrait vite problématique du fait du fardage de notre bateau. Nous mouillons deux ancres empennelées et ballotés dans le violent clapot attendons un jour entier que le coup de vent cesse.

Le petit comité d'accueil réunit sur la plage de sable gris à notre débarquement à Coppermine est plutôt surpris de nous voir. Rares sont les voiliers à faire escale ici. Notre première question va pour le gas-oil. Comme à Cambridge Bay, on attend la barge de ravitaillement... Peut-être à Tuktoyaktuk, à 500 milles d'ici ! Nos réservoirs n'ont pas été remplis depuis notre départ d'Islande, à 4400 milles, soit à plus de 8000 km. Je me félicite qu'Arktika ait une telle autonomie et des moteurs si économiques.

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

Le Golfe d'Amundsen est séparé du golfe du Couronnement par le détroit Dolphin and Union. Nous traversons ce dernier au grand largue, toutes voiles dehors et sous aurore boréale. Trop beau pour durer, un autre coup de vent, vient nous rappeler que le tourisme est interdit dans la région. La mer devient forte et le grondement de certaines déferlantes nous incite à chercher un abri sous le cap Lyon.

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

Le cap Bathrust doublé, nous entrons en mer de Beaufort avec quelques glaces éparses et une météo difficile nous punissant de rafales à plus de 30 nœuds dans une mer chaotique et boueuse. La profondeur par ici ne dépasse pas les 4 mètres. Nous atteignons enfin Tuktoyaktuk et nous amarrons sur le minuscule quai verglacé. Arktika reprend cinq tonnes de fluide dans les fonds. N'ayant pas de lest, ce sont le carburant et l'eau qui lui assurent une meilleure stabilité bien que réservoirs vides, il reste un bateau très sûr dans le mauvais temps.

L'ile Hershel est une escale obligée avant de quitter le Canada et d'entrer en Alaska. Nommée par Franklin lors de sa deuxième expédition, elle était au milieu du 19e siècle, le point de rassemblement des flottes baleinières. Les tombes des jeunes marins de l'époque témoignent de la précarité de leurs conditions de vie Elle est aujourd'hui un parc national. Quelques baraquements sont occupés durant le court été par le ranger, le météorologue et quelques visiteurs de passage. Fin septembre, c'est déjà le début de l'hiver ici. Aussi le lieu es-il déserté. Toutes les habitations, si ce n'est le petit refuge, sont fermées et solidement cloisonnées pour les protéger des ours trop inquisiteurs.

La pointe Barrow marque la fin de la mer de Beaufort et l'entrée en mer de Tchouktches. Point de port à Barrow, ni même une jetée ou un simple quai. Nous mouillons devant la localité, tellement ballotés dans les vagues que même le verre de Bourgogne passe très mal. Ah l'escale tant attendue, le repos du marin dit-on...Tout le monde se réfugie dans sa couchette en espérant des jours meilleurs.

Ne pouvant débarquer par ce temps, nous repartons vers le nord pour rejoindre le lagon Elson. N'allez toutefois pas imaginer un lagon bleu paradisiaque. Ici les eaux sont brunâtres et la neige saupoudre les rives de gravier noir. La passe est large d'à peine 200 m et bordées de haut fonds de moins d'un mètre. Le radar ne donne pas d'écho de ces lagunes basses et le sondeur est intermittent dans cette eau brassée d'alluvions. Autant dire qu'il faut barrer précisément malgré les déferlantes qui explosent sur notre travers. Heureusement la carte électronique de la zone est précise et ne peut nous induire en erreur. Arktika se faufile entre brisants et déferlantes par 1,50 m de fond. Une fois passés, nous naviguons dans un plan d'eau calme. Le sourire revient sur le visage de certains.

Des baleines à bosses en migration vers le sud ont été repérées au large de la pointe. Les vedettes hors-bord sont acheminées par véhicules jusqu'au lagon. Dans la soirée une grande activité règnera ici lors du dépeçage des cétacés. Si l'on n'utilise plus aujourd'hui l'oumiak, on n'en reste pas moins chasseur dans l'âme.

Le matin de notre départ, le lagon est gelé. Une boue de neige que l'on appelle brash le recouvre. Elle vient colmater nos puits d'eau de mer sensés refroidir les moteurs. Tout en naviguant, nous devons verser de l'eau chaude pour les déboucher. Une fois la haute mer rejointe, l'eau redevient libre.

Crédit : Gilles Elkaim
Crédit : Gilles Elkaim

Nome est à 560 milles. Sur les 500 premiers milles du parcours aucun abri n'est envisageable. Avoir une bonne fenêtre météo est donc primordial, les tempêtes d'automne dans le détroit de Béring pouvant être redoutables. Le temps calme et ensoleillé dont nous jouissons en cette première journée de navigation est donc bien accueilli. Nous n'en avons pas connu d'aussi beau d'ailleurs depuis le Groenland. Mais dans cette région du monde, les conditions clémentes sont éphémères et déjà au deuxième jour, nous sommes frappés par un petit coup de vent aux abords du cap Glacé, point extrême atteint par le navigateur britannique Cook en 1778. Le pilote automatique reprend cependant du service puisque nous quittons peu à peu les régions à forte perturbation magnétique.

Bientôt nous repassons le cercle polaire du nord au sud. Le cap du Prince de Galles doublé le 26 septembre, nous entrons en mer de Béring et dans l'océan Pacifique. La mer des Tchouktches et l'océan Glacial Arctique sont derrière nous. La température de l'eau passe de -0,3°C à Barrow à +7°C ici. Les lagunes cèdent place aux pics enneigés de l'Alaska. Le Passage du Nord-Ouest est définitivement franchi.

Arktika nous offre un point de vue extraordinaire dans le détroit de Béring : à bâbord, le village de Wales, point le plus occidental du continent américain, à tribord, les deux îles Diomède (la petite américaine et la russe Ratmanova) distantes de moins de 3 milles mais séparées par la ligne de changement de date, soit 24h de décalage horaire entre elles, et plus loin encore, le cap Dejnev, extrémité orientale de l'Asie, que j'avais atteinte en traineau à chiens huit ans auparavant au terme d'une expédition exténuante de quatre années. L'endroit est grandiose et on aimerait s'y attarder mais la météo annonce une forte dépression à 970 hPa dans le golfe d'Alaska : vent de 100 nœuds et vagues de 6m...

Aux premières lueurs de l'aube, après quatre jours de navigation depuis Barrow, nous entrons dans le port de Nome et nous amarrons au quai américain. Les moteurs sont stoppés, le livre de bord est complété, chacun se regarde, étonné que l'expédition soit achevée. Nous avons parcouru un total de 5500 milles soit plus de 10 000 km depuis l'Islande et avons rejoint le Pacifique depuis l'Atlantique.

Ce périple fut un voyage historique, dans le sillage des plus grands explorateurs : Holm, Rasmussen et Peary au Groenland, Ross, Parry, Franklin, Hearne, Back, Mc Clintock, Mc Clure et Amundsen dans le Passage du Nord-Ouest. Roald Amundsen, explorateur norvégien, possède un palmarès impressionnant : premier au pôle Sud, premier à franchir le Passage du Nord-Ouest, Passage du Nord-Est, première traversée aérienne de l'océan Glacial Arctique depuis le Svalbard jusqu'à l'Alaska à bord du dirigeable Norge.

Lisez le récit complet de l'aventure de Gilles Elkaim : « Arktika, quatre ans d'odyssée sur la banquise » aux Editions Robert Laffont.

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