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Naufrage mortel sur la Seine: la défense du pilote du bateau-mouche plaide la "responsabilité partagée"

Paris, 31 mars 2015 (AFP) -

La défense du pilote d'un bateau-mouche jugé à Paris pour le naufrage d'une vedette ayant fait deux morts en 2008 sur la Seine devant Notre-Dame a plaidé mardi la "responsabilité partagée" dans l'accident.

Dans ses réquisitions, le 3 mars, le procureur avait réclamé trois ans de prison avec sursis contre le prévenu, assortis d'une amende de 1.500 euros et d'une suspension de son permis bateau pendant une période minimum de deux à trois ans. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 16 juin

L'avocate du pilote, Régine de la Morinerie, a demandé au tribunal d'accorder à son client une peine moins sévère tenant compte d'une "responsabilité partagée" et de ne pas lui retirer son permis.

De son côté, l'avocat de la compagnie des Bateaux-mouche et de l'Européenne d'armement et d'affrètement (EAA) qui gère les équipages, Me Henri de Richemont, a contesté le montant des provisions pour préjudice moral réclamées par les parties civiles, les jugeant abusives.

Des victimes du naufrage ou leurs familles ont réclamé plus de 1,7 million d'euros aux deux compagnies qui n'étaient pas poursuivies pénalement mais sont civilement responsables.

Le 13 septembre 2008, vers 22H00, un Bateau-mouche, "La Besogne", abordait et coulait une embarcation de plaisance, "l'Alcyone", dans laquelle se trouvaient 12 passagers dans le bras de la Monnaie, une étroite portion fluviale séparant l'île de la Cité de la Rive Gauche, au coeur du Paris touristique. Le pilote de la vedette, âgé de 47 ans, et un enfant de six ans, sont morts.

Dans ce dossier, la faute "dominante" a été commise par le pilote du bateau-mouche, avait estimé le procureur. Le magistrat lui a reproché "un défaut d'attention", favorisé par une consommation de cannabis, un non-respect des distances de sécurité réglementaires entre navires et un excès de vitesse au-delà des 12 km/h autorisés par le règlement fluvial.

L'avocate du prévenu qui comptait initialement plaider la relaxe a dû revoir sa copie, son client ayant reconnu à l'audience avoir fait preuve d'imprudence ou de négligence.

Elle a néanmoins fait valoir que le pilote de la vedette avait lui aussi fait preuve "d'imprudence" en stationnant un moment dans le bras de la Monnaie où il est interdit de s'arrêter ou en embarquant 12 personnes dans un bateau prévu pour huit.

Selon son scénario, l'accident serait également dû à la lenteur de la vedette qui aurait navigué en deçà des 6 km/H minimum autorisés, son hélice étant entravée par des détritus. Cette version a été contestée par les deux experts désignés par le juge d'instruction mais défendue par un troisième cité par la défense.

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