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Paimpol, écrin du festival du chant de marin à partir de vendredi

Paimpol (France), 13 août 2015 (AFP) -

Des dizaines de bagadou, fanfares et groupes reprenant en choeur des chants de matelots, sept scènes accueillant notamment Hugues Aufray, Anna Calvi ou I Muvrini, des dizaines de vieux gréements mouillant dans le port: Paimpol (Côtes-d'Armor) fête à partir de vendredi le "chant de marin".

Malgré une météo qui s'annonce grise, voire pluvieuse, la 12ème édition de ce festival, organisé dans le port costarmoricain tous les deux ans, devrait à nouveau attirer les foules jusqu'à dimanche: en 2013, quelque 145.000 personnes avaient arpenté les quais et assisté aux innombrables concerts.

Dès vendredi après-midi retentiront les fameux couplets célébrant dans de nombreux ports du monde le "trois-mât fin comme un oiseau", Santiano.

Hugues Aufray donnera sur la grande scène, à quelques jours (le 18 août) de ses 86 ans, le coup d'envoi des trois jours de fête, marqués par quelques 160 concerts, sans compter, sur les quais, les fanfares, bandas, bagadou (ensembles de musique traditionnelle bretonne), mais aussi la musique de Fanfaraï, une fanfare du Maghreb, qui pourrait être, avec l'Espagnole Luz Casal, le Sénégalais Youssou N'Dour, l'Algérienne Souad Massi, un des emblèmes de cette édition qui met le "cap au sud".

Au départ consacré au chant de marin, le festival, tout en gardant "sa tradition maritime", a évolué vers une "exploration des musiques du monde", a expliqué à l'AFP le président de l'association organisatrice, Pierre Morvan.

Pour autant, "l'esprit n'a pas changé", assure-t-il. "Car dans les chants de marins, il y a une notion de voyage et de musique du monde", explique M. Morvan. "Comme dans la musique bretonne", ajoute-t-il.

Pas de chants marins sans bateaux et leurs équipages: une flottille de 200 embarcations traditionnelles accoste à partir de jeudi dans le port avec leur millier de matelots qui prendront d'assaut les quais.

Nul doute que nombre d'entre eux reprendront en choeur les chants de travail qui rythmaient la vie à bord des navires: hisser les voiles, remonter l'ancre, comme ceux qui ponctuaient les soirées. Comme les complaintes racontant "les événements de mer, les tempêtes, les naufrages, la famille, les petites amies, toute la vie sur terre", souligne Pierre Morvan.

Paimpol (Pempoull en breton), un des principaux ports de la pêche morutière, "la pêche à l'Islande", entre 1850 et le début de la Seconde guerre mondiale, a connu son lot de drames: le Mur des disparus de Ploubazlanec, à quelques kilomètres de Paimpol, évoque les quelque 120 goélettes et 2.000 marins disparus au cours des campagnes morutières.

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