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Rejet de boues rouges dans les calanques: les habitants consultés

Marseille, 17 août 2015 (AFP) -

Les habitants de 27 communes des Bouches-du-Rhône sont invités à partir de lundi à donner leur avis, lors d'une enquête publique, sur le renouvellement de l'autorisation de rejets des déchets de l'usine d'alumine de Gardanne qui déverse depuis des dizaines d'années des "boues rouges" issues du traitement de la bauxite au large des calanques.

Cette enquête doit se dérouler jusqu'au 25 septembre dans les 27 communes traversées par la conduite d'évacuation des effluents, qui débouche dans la fosse de Cassidaigne, à 7 km au large de Cassis par 320 m de fond. Durant cette période, le dossier de la demande d'autorisation et des synthèses des principaux éléments sont mis à la disposition du public qui peut déposer des observations. Des réunions publiques sont également organisées.

Depuis près de cinquante ans, l'usine de Gardanne - un ancien site de production d'alumine de Péchiney, acquis en 2012 par le fonds d'investissement américain HIG et renommé Alteo - bénéficie d'un droit à expédier en mer ces résidus au milieu du Parc national des calanques, qui expire au 31 décembre 2015.

Depuis l'annonce en septembre 2014 de la décision du conseil d'administration du Parc national de prolonger de trente ans la dérogation accordée à l'industriel pour rejeter en mer des résidus liquides, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal et l'industriel Alteo se livrent à une bataille d'expertises et de communication sur la nocivité des "boues rouges".

L'usine emploie 700 personnes et est dédiée aux alumines de spécialité, notamment pour les applications de haute technologie (écrans plats, LCD).

Une fois l'alumine extrait, les autres constituants de la bauxite, dont divers métaux, majoritairement du fer (qui donne sa couleur, généralement rouge, à la bauxite), ainsi qu'une partie de la soude dans laquelle est dissoute l'alumine dans le procédé, forment les boues rouges.

Contraint par les engagements internationaux de la France, Alteo s'est engagé à stopper, au 31 décembre, tout rejet solide dans la Méditerranée. Mais l'industriel a demandé à poursuivre les rejets liquides - inévitables selon lui -, par la même conduite qui lui sert aujourd'hui à évacuer ses boues rouges.

La préfecture avait programmé une première enquête publique au printemps sur ce sujet sensible avant de faire machine arrière et d'ordonner des études complémentaires sur le milieu à la demande du ministère de l'Ecologie.

Après clôture de l'enquête publique et remise du rapport de la commission d'enquête, le dossier sera soumis à l'avis du conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CoDERST) ainsi qu'au conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT), avant décision du préfet des Bouches-du-Rhône.

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