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Boues rouges dans les calanques: 5 associations attaquent le nouvel arrêté

Marseille, 23 fév 2016 (AFP) -

Le tribunal administratif a étudié mardi un référé déposé par cinq associations demandant la suspension de l'arrêté préfectoral autorisant les rejets de l'usine d'alumine Altéo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) dans la Méditerranée.

Altéo, après 50 ans de rejets de "boues rouges" polluantes en Méditerranée, a obtenu fin novembre une nouvelle autorisation préfectorale : il a modifié ses procédés et ne rejette plus qu'un liquide filtré, que les opposants continuent de considérer comme polluant.

Les associations, représentées par Me Benoît Candon, reprochent au préfet de ne pas avoir été assez sévère, dans son arrêté, dans le suivi des rejets exigés de l'industriel, et l'absence de prescription de réduction des effluents dans la durée.

"Le rejet est à durée illimitée et ça c'est absolument scandaleux", s'est insurgé Me Candon, qui a dénoncé l'inaction de l'usine depuis le précédent arrêté en 1996. "Depuis 1996, on sait qu'il faut arrêter" le rejet, depuis 1996 on sait qu'il faut faire des études d'impact. Cette étude n'a jamais été produite, ou alors elle est tellement désastreuse qu'elle est restée cachée", a-t-il martelé.

Revenant sur "le chantage à l'emploi", Me Candon s'est également interrogé sur "le caractère non garanti de ce même emploi". "Est-ce qu'au motif de 300 emplois, on doit continuer à polluer ? (...) en quoi ces emplois sont-ils garantis à long terme?".

Dénonçant "un procédé industriel qui date de Zola", il a estimé que l'usine n'avait "aucun avenir".

Un représentant de la préfecture a quant à lui estimé que l'arrêté préfectoral litigieux "rentre dans un cadre [BIEN: cadre] juridique parfaitement normé et parfaitement conforme".

Il a également souligné que "les rejets sont supprimés à hauteur de 99,95%". Un représentant de la DREAL est longuement revenu sur les mesures de suivis et les contraintes techniques du procédé.

"Il importe au demandeur de vous faire croire que rien n'a été fait dans le passé pour améliorer une situation critiquable", a plaidé Me Alain Vidal-Nacquet, en défense d'Altéo. "Depuis qu'elle est en possession de l'usine, Altéo n'a cessé de mettre en oeuvre des mesures", estime-t-il au contraire, mettant en avant les 27 millions d'euros dépensés depuis 2012, date à laquelle elle a acquis l'usine auprès de Rio Tinto.

"Il n'y a pas d'urgence, car il n'y a plus de boues rouges", a-t-il affirmé.

En cinquante ans d'activité, le site de Gardanne (Bouches-du-Rhône) de production d'alumine à partir de bauxite importée de Guinée - propriété depuis 2012 du fonds d'investissement américain HIG - a déversé plus de 20 millions de tonnes de boues rouges sur les fonds marins de la fosse de Cassidaigne, en plein coeur du Parc national des Calanques.

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