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DCNS, l'arsenal insubmersible

Paris, 26 avr 2016 (AFP) -

Héritier des premiers arsenaux créés par Richelieu, le constructeur naval DCNS demeure une pièce maîtresse de la puissance militaire française, même si l'Etat a cédé ces dernières années plus d'un tiers du capital du groupe, qui s'est récemment diversifié dans les énergies renouvelables.

Le navire a parfois tangué, mais l'accord concernant les sous-marins australiens conforte l'histoire au long cours de DCNS, bientôt quatre fois centenaire.

Le groupe trouve ses racines dans la construction des arsenaux du royaume de France, décidée en 1631 par le cardinal de Richelieu et mise en oeuvre par Colbert. La création et l'extension des cinq chantiers navals (Brest, Toulon, Rochefort, Lorient et Cherbourg) et des deux fonderies de canons (Ruelle, près d'Angoulême, et Indre, près de Nantes) s'étendent sur près de deux siècles.

Les arsenaux ont notamment construit le premier cuirassé de haute mer, La Gloire, sorti de Toulon en 1858, et le premier sous-marin torpilleur, Le Narval, mis à flot à Cherbourg en 1899.

Regroupés après la Seconde Guerre mondiale au sein de la direction des constructions et armes navales (DCAN), ils deviennent un instrument de la force de dissuasion nucléaire française. Le premier sous-marin nucléaire lanceur d'engins, Le Redoutable, est mis en service en 1971.

Rebaptisé DCN (Direction des constructions navales) en 1991, le groupe a notamment livré le porte-avions à propulsion nucléaire Charles-de-Gaulle, opérationnel depuis 2001. Il a aussi fabriqué les porte-hélicoptères Mistral et la frégate multi-missions FREMM, récemment vendus à l'Egypte.

Les sous-marins ont également connus des succès à l'export, en particulier le Scorpène, commercialisé au Chili, en Malaisie, en Inde et au Brésil.

L'histoire du groupe est aussi endeuillée par l'attentat de Karachi, le 8 mai 2002, qui a tué 11 employés français de DCN et trois Pakistanais travaillant à l'assemblage de sous-marins Agosta.

L'acquisition des activités navales de Thales, en 2007, s'accompagne d'un nouveau changement de nom. A cette occasion, DCNS (pour direction des constructions navales, systèmes et services) ouvre son capital au groupe d'électronique et de défense (dont l'Etat détient à ce jour 26,36%), à hauteur de 25%, puis 35% en 2011.

Les comptes, qui avaient pris l'eau en 2014 (perte de 336 millions d'euros), se sont renfloués l'an dernier (bénéfice de 58 millions). Le groupe emploie près de 13.000 salariés dans le monde.

Pour augmenter son chiffre d'affaires de 3 à 5 milliards d'euros en dix ans, son objectif annoncé l'an dernier, DCNS mise en particulier sur les énergies marines renouvelables, secteur où il est présent depuis 2008.

Le groupe entend ainsi devenir "un des spécialistes mondiaux" de l'hydrolien (production d'électricité à partir des courants marins) et a noué un partenariat dans l'éolien avec Alstom (racheté depuis par General Electric) pour développer une turbine flottante.

gbh/sl/LyS

THALES

ALSTOM

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