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Nombre de frappes anti-EI: "On ne fait pas la guerre avec une calculette" (armée)

Paris, 15 déc 2016 (AFP) -

Le contre-amiral Olivier Lebas, commandant du porte-avions Charles de Gaulle et son escorte, s'est agacé jeudi des critiques sur le faible nombre de sorties aériennes françaises contre le groupe Etat islamique (EI) par rapport au nombre d'appareils engagés.

"Moi je ne fais pas la guerre avec une calculette !", a-t-il lancé, tout juste revenu de deux mois et demi d'opérations en Méditerranée orientale, lors d'un point de presse de la Défense.

"Il n'y a pas un lien direct entre le nombre de frappes et l'efficacité sur le théâtre", a insisté le contre-amiral qui commandait le "groupe aéronoval" constitué autour du Charles de Gaulle.

Plusieurs médias se sont étonnés du nombre élevé d'avions de combat français engagés contre l'EI en Irak et en Syrie - jusqu'à 36 lors du déploiement du porte-avions - eu égard au rythme des sorties aériennes (70 en moyenne par semaine, vols de reconnaissance ou frappes, depuis début décembre).

"Quand un pilote rentre de mission et qu'il n'a pas frappé, je ne lui dis pas : +tu as raté ta mission+. Je lui dis +tu as fait un très bon travail parce que quand tu étais sur place, tu as maintenu une pression permanente de la puissance aérienne sur l'ennemi+", a fait valoir le contre-amiral.

Lorsque les avions de la coalition sont dans le ciel, "l'ennemi sait qu'il ne peut pas sortir son mortier tranquillement, prendre le temps de le régler", a-t-il relevé. "Il est vite acculé à devoir tirer de manière extrêmement fugace" puis "rapidement remballer son matériel pour se cacher de nouveau dans ses tunnels".

Les avions français engagés dans la coalition anti-EI dirigée par les Etats-Unis offrent un appui aux forces irakiennes au sol et collectent du renseignement sur l'ennemi, a-t-il poursuivi.

Du 30 septembre au 9 décembre, le porte-avions français a ainsi cumulé 480 sorties aériennes en Irak et Syrie et remis "près de 900 dossiers imagerie pour le renseignement" à la coalition, a précisé Olivier Lebas.

Le passage aux combats urbains, notamment pour la reprise de Mossoul en Irak, limite par ailleurs le recours aux frappes aériennes en raison des risques de pertes civiles, a-t-il ajouté. Les avions français manquent aussi de ravitailleurs en vol pour mener à bien leurs missions, précise-t-on de source militaire.

Le patron du groupe aéronaval n'a par ailleurs observé aucun "manquement à la sécurité" ni "geste agressif" de la part des bâtiments de guerre russes croisant en Méditerranée.

"Nous nous sommes surveillés (...) mais il n'y a eu aucune friction", a-t-il dit.

L'unique porte-avions français, engagé à trois reprises contre l'EI depuis janvier 2015, a rejoint mercredi son port d'attache de Toulon pour 18 mois de rénovation.

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