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Energie marine renouvelable à la française : le rythme s’accélère
le 10 Avril 2012

Une hydrolienne au large de Paimpol-Bréhat
Une hydrolienne au large de Paimpol-Bréhat

Après plusieurs mois de navigation « à l'estime », il en est enfin fini de cette arlésienne des énergies renouvelables. Rappelons en effet que le Livre Bleu et les premières réunions du Grenelle de la Mer, pleins d'optimisme, datent de 2009... Un délai qui s'explique essentiellement par le caractère nouveau et complexe du sujet, aussi bien dans ses aspects techniques qu'administratifs.

Valse des appels d'offres

Après une séquence suspense qui aura vu les candidats ferrailler jusqu'à la dernière minute, le grand gagnant du premier appel d'offres gouvernemental pour la création de cinq parcs éoliens offshore est le consortium EDF EN-ALSTOM-DONG ENERGY, qui se voit confier l'équipement de 3 parcs (Fécamp, Courseulles sur mer et Saint-Nazaire). Bien qu'en seconde position pour le site de Saint-Brieuc, l'espagnol IBERDROLA associé au turbiner AREVA se chargera de ce quatrième parc (le site du Tréport n'a finalement pas été attribué). Objectif avoué : stimuler l'économie locale et doper l'emploi, la corbeille de la mariée se voyant ainsi mieux garnie : création de 4 usines pour ALSTOM (à Saint-Nazaire et Cherbourg) et de 2 pour AREVA (au Havre), avec au total, près de 10 000 emplois créés pour les régions concernées. Voilà donc l'émergence de la filière industrielle tant attendue pour laquelle « la qualité du projet industriel et social » comptait autant que « le prix d'achat de l'électricité proposé ».

Grand perdant de l'appel d'offres, GDF Suez, avec pourtant de nombreuses références dans l'éolien terrestre et des partenaires de premier rang comme SIEMENS pour les turbines, ne remporte même pas le site du Tréport, où il était seul à concourir. Les raisons de cette bérézina : un prix de rachat de l'électricité trop élevé et qui aurait représenté, selon le ministère de l'énergie, "une surcharge de 500 millions d'euros", payée par les consommateurs via la Contribution au service public de l'électricité (CSPE).

Au total, avec une puissance installée de 2000 MW, ce premier appel d'offre devrait permettre l'installation d'un tiers de la production espérée à l'horizon 2020. Il sera donc suivi d'un deuxième, publié avant mi-2012 et qui concernera les zones de Noirmoutier et du Tréport.

Lauréat du 1er appel d'offres
Lauréat du 1er appel d'offres

L'hydrolien n'est pas en reste

La nécessité, plus que la contagion, est le ferment d'annonces importantes également pour la filière de l'hydrolien, identifié comme le 2ème gisement d'énergie marine. Ton et cadence sont même donnés : une feuille de route avec un premier point d'étape dans les prochains jours, afin d'aboutir à la publication d'un appel d'offre dans les deux ans. Au cœur des discussions du moment : le raz Blanchard, craint des navigateurs et qui sera peut-être demain convoité pour son potentiel électrique... à quelques encablures de l'EPR de Flamanville. La roue tourne !

Technologie plutôt en avance du point de vue des expérimentations (OPEN HYDRO au large des côtes du Gouëlo, SABELLA dans l'Odet), l'hydrolien n'est donc pas en reste, avec une feuille de route, un projet d'appel d'offres et bientôt un site Internet dédié. L'éolien offshore ferait donc des émules ? Il est plus prudent d'y voir une recherche d'un mix énergies marines renouvelables (EMR), dont les essais comptent parmi les nombreux pré-requis.

Sites d'essais et prototype

Ce début d'année 2012 est décidément un bon cru pour les EMR. Le 9 mars dernier, le Premier ministre François Fillon a annoncé la création de France Energies Marines (FEM) dans le cadre de l'appel à projets « Instituts d'excellence sur les énergies décarbonées » lancé au titre du programme d'investissements d'avenir.

France Energies Marines a pour objectif de renforcer l'innovation et les travaux de recherche sur les énergies marines (éolienne, hydrolienne, houlomotrice, thermique). Fédérant des capacités et des compétences en recherche & développement, FEM propose également des moyens d'essais et l'accès à cinq sites d'essais en mer, destinés à évaluer des démonstrateurs « grandeur nature ».

Dans ce domaine, le site SEM-REV, dépendant de l'Ecole Centrale de Nantes et installé à 12 nautiques au large du Croisic, a déjà pris de l'avance avec l'installation et l'exploitation d'équipements de monitoring in situ, la création d'une base de recherche au Croisic et le lancement des travaux de forage dirigé en vue de la pose du câble sous-marin reliant les futurs prototypes au réseau électrique.

Dans l'estuaire voisin de Saint-Nazaire, sur le site du Carnet, c'est un prototype de l'HALIADE 150, « plus grande éolienne offshore du monde » et machine retenue par EDF EN, produite par ALSTOM, qui a été installée pour des premiers tests à terre. Ceux-ci seront suivis d'essais en mer, programmés à l'automne, au large de la Belgique. L'inauguration a eu lieu en grande pompe le 19 mars dernier en présence du ministre de l'industrie. A n'en pas douter, les industriels ont du flair.

Première Haliade 150, la turbine éolienne offshore d'Alstom, érigée en France
Première Haliade 150, la turbine éolienne offshore d'Alstom, érigée en France


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