Accueil Economie maritime Hydrolien : SABELLA où l'émergence d'une filière française
Economie maritime
Hydrolien : SABELLA où l'émergence d'une filière française
le 27 Avril 2012

La future hydrolienne D10 de SABELLA (Image de synthèse SABELLA)
La future hydrolienne D10 de SABELLA (Image de synthèse SABELLA)

La future hydrolienne D10 de SABELLA (image SABELLA)

De ses bureaux récemment installés à Quimper où une dizaine d'ingénieurs planchent sur les prochaines évolutions et implantations de ses hydroliennes, la société SABELLA consolide ses bases, réaffirme ses fondamentaux et prépare l'avenir, toujours avec le même leitmotiv : une machine simple, robuste, modulaire et ainsi cost-efficient. Pour optimiser son rendement, une hydrolienne doit impérativement être parfaitement posée dans l'axe du courant, au risque de voir sa production considérablement chuter. Cela n'est pas sans conséquences en termes de process, notamment pour la phase d'installation, une étape critique qui fait appel à des moyens quasi inexistants sur le littoral de l'hexagone.

Par ailleurs, même si cet axiome peut sembler contre-intuitif de prime abord, parmi les conditions d'environnement auxquelles l'hydrolienne est confrontée, c'est la houle qui constitue le paramètre le plus dimensionnant. Etant donné la bathymétrie des sites identifiés, un encombrement raisonnable présente un avantage certain, les effets de houle s'atténuant avec la profondeur. Enfin, plus que le cout d'affrètement des navires type supply DP adaptés à ces opérations, c'est bien la question de leur disponibilité qui est souvent rédhibitoire. Ces premiers constats ajoutés à l'importance des futures interventions pour maintenance, militent donc pour une solution de taille raisonnable, gravitaire et modulaire, où « la base est considérée comme un colis lourd » (ballastable pour le cas de SABELLA), facilement remorquable avec des moyens classiques, la turbine, « la partie intelligente et sensible », devenant alors légère, car dissociable de sa base. Si les moyens disponibles dans cette configuration pragmatique sont plus nombreux, la mise au point de robots, modèles dérivés des projets offshore, équipés de caméras acoustiques en charge des opérations de pose, d'interfaçage et de relevage reste à apprécier.

Cap sur le Fromveur

Après une série d'essais dans l'Odet où le démonstrateur D03 a été immergé de mars 2008 à avril 2009, validant la pertinence du concept et un certain nombre de paramètres, dont la quasi innocuité environnementale et l'absence d'accidentologie à la faune, SABELLA a maintenant les yeux rivés vers la Mer d'Iroise et les courants du Fromveur. Dans le cadre de l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé par l'ADEME, et en collaboration avec l'Ifremer, Véolia Environnement, et le Bureau Véritas, un nouveau démonstrateur D10 va être installé et sera raccordé à Ouessant. Développée dans un contexte d'éco-conception afin de réduire ses impacts sur la faune et la flore, cette nouvelle hydrolienne sera équipée de moyens de monitoring in situ qui permettront de poursuivre les études environnementales et de caractériser dans la durée ses impacts, en collaboration avec le parc marin d'Iroise. SABELLA conforte ainsi son avancée autant dans le domaine du permitting et de la concertation que dans celui de la R&D, « une étape essentielle » pour cette technologie jeune rappelle Jean-François Daviau, président de SABELLA.

L'autonomie énergétique d'Ouessant

La future hydrolienne D10 (dix pour le diamètre - 10 mètres - de son rotor, ou pour les 10 millions d'euros nécessaires à son développement) dont l'ingénierie est finie, propose une puissance installée de l'ordre de 500MWc (1), actuel « état de l'art » selon Jean-François Daviau. Plusieurs machines de ce type, combinées à une unité de stockage à terre, pourraient permettre à terme l'autonomie énergétique d'Ouessant. C'est tout l'enjeu du projet EUSSABELLA qui constituerait une troisième étape dans cette phase d'expérimentation. Un pas manifeste vers une industrialisation et l'émergence de cette filière française souhaitée par le ministère de l'Industrie. En attendant les résultats de la consultation en cours, s'il ne faut pas forcément être spécialiste en mécanique des fluides pour savoir que la loi de Bernouilli s'appliquera à tous - PME, comme grands groupes industriels - il semble important de souligner qu'un schéma ciblant des fermes d'hydroliennes de grandes tailles ne favorisera pas les projets nationaux et attirera des fournisseurs de solutions techniques certainement peu adaptées aux sites pressentis. Alors Keep It Simple and Strong !


(1) MWc : puissance maxi de tout équipement producteur d'énergie

Partager cet article :

Retour Abonnez-vous à Marine&Océans

À lire aussi dans cette rubrique

Les articles les plus lus

Accueil Economie maritime Hydrolien : SABELLA où l'émergence d'une filière française