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Economie maritime
Le MSC Divina, un nouveau géant de la croisière
le 26 Mai 2012

Après une croisière pré-inaugurale d'une semaine, le MSC Divina a été baptisé le samedi 26 mai 2012, à Marseille. Ce paquebot de 333 mètres de long, 38 mètres de large et 62 mètres de haut pour 18 ponts proposera 1 750 cabines pouvant accueillir 4 363 passagers. Deux autres paquebots de ce type, le MSC Preziosa et l'Europa 2 sont en préparation à l'image d'un marché mondial de la croisière plutôt en bonne santé, en légère progression en 2011 avec 11 millions de croisiéristes américains et environ 6 millions d'européens. 500 navires de croisière dont 150 peuvent embarquer plus de 2 000 passagers, parcourent aujourd'hui les océans du monde. Le plus grand est l'Allure of the Seas (8.000 passagers). Sur 16 paquebots aujourd'hui en construction ou commandés, 13 dépassent le seuil des 2 500 passagers. La tendance au gigantisme se confirme donc bien non sans incidences tant en termes de sécurité que de préservation de l'environnement.

"On ne maitrise plus les abandons" explique Laurent Galy, chef du département sécurité et sureté de l'Ecole nationale supérieure maritime de Nantes. Pour cet expert, "on fonctionne avec des schémas d'évacuation qui n'ont pas évolué depuis le Titanic". Des associations écologiques très vigilantes comme Robin des bois mais aussi les préfets et autorités maritimes, les sauveteurs en mer, des ONG dans les ports d'escale, des ministres et des élus élèvent la voix. En Allemagne, le ministre des Transports vient de poser la question majeure : "Où va mener cette mégalomanie ? Il y a des croisières avec 8 000 personnes à bord, des projets pour 10 000. Plus il y a de personnes à bord, plus grand est le danger. Chacun a en mémoire l'histoire de la Tour de Babel. On sait comment ça s'est terminé".

Les experts le disent : "Les opérations de sauvetage de grande ampleur sont devenues de véritables défis [...] Le travail n'est pas devenu plus difficile mais les bateaux impliqués sont plus grands. Ils sont équipés de technologies toujours plus pointues et sont une source d'inquiétude croissante pour la protection de l'environnement". Les paquebots ne sont pas les seuls montrés du doigt. La taille moyenne des navires augmente, au rythme du trafic maritime. A titre d'exemple, les plus grands pétroliers actuellement en service font près de 400 mètres de long et peuvent transporter jusqu'à 500 000 m³ de pétrole. Le risque d'accident n'a jamais été aussi grand qu'aujourd'hui. Et lorsqu'il survient, cela devient un vrai casse-tête pour les sauveteurs.

De nouvelles mesures de sécurité ont été prises par les industriels de la croisière après le naufrage du Costa Concordia en janvier 2012. L'objectif est notamment de « renforcer le processus de la traversée en partageant les données (du plan de route) avec l'ensemble des officiers présents sur la passerelle de commandement" explique Erminio Eschena, l'un des porte-parole de cette industrie en Europe. Le nombre de gilets de sauvetage à bord des paquebots va ainsi fortement augmenter, et seules les "personnes exerçant des fonctions opérationnelles" auront désormais accès à la passerelle de commandement.

 

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