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Les grandes ambitions de SEM-REV
le 30 Mai 2012

Ecole centrale de nantes / SEM-REV
Ecole centrale de nantes / SEM-REV

Le Site d'expérimentation en mer pour la récupération de l'énergie des vagues (SEM-REV), rattaché à l'Ecole Centrale Nantes, dispose de tous les équipements permettant la mise au point, en conditions opérationnelles, des systèmes de récupération des énergies marines issues principalement de la houle et du vent offshore. Il est aujourd'hui en passe de devenir le premier site français d'essais en mer, dédié aux énergies marines renouvelables (EMR), capable de connecter des prototypes au réseau électrique. Pour l'équipe d'ingénieurs, de chercheurs et de techniciens qui a pris ses quartiers dans la base de recherche de Pen Avel, au Croisic (Loire Atlantique), le rythme déjà soutenu s'accélère en effet. Sous la maîtrise d'œuvre d'ARTELIA, le ballet des foreuses, câbliers et ROV (1) a commencé, avec pour objectif la pose d'un câble de 20 kV capable de transporter une production cumulée d'électricité allant jusqu'à 8 MW.

Ecole centrale de nantes / SEM-REV
Ecole centrale de nantes / SEM-REV

24 km de câble à ensouiller

C'est la mission du Réné Descartes, navire câblier de France Télécom Marine qui, après avoir assuré la jonction des six tourets de câble à Saint-Nazaire le 12 mai dernier puis son chargement en cuve, a déposé en trois jours les 24 km de câble sur le fond, selon un tracé défini après plusieurs campagnes géophysiques et géotechniques (2). Déployé à partir du chaland Morillon de EMCC, leader français en matière de dragage, un robot téléopéré type J-SWOC Crawler doit maintenant prendre la relève pour réaliser l'enfouissement du câble par jetting (3), avec une vitesse de progression de 0,1 à 0,2 nœud. Le chantier pourrait ne durer qu'une quinzaine de jours, si toutefois le printemps décide de s'installer. L'atterrage du câble et les travaux de forage dirigé ayant déjà été réalisés en mars et avril derniers au niveau de la plage des Sables Menus du Croisic, il ne restera plus qu'à attendre le raccordement au réseau électrique, programmé en septembre-octobre 2012, une étape qui, pour Hakim Mouslim, responsable technique, « fera de SEM-REV le premier site d'essais en mer pleinement opérationnel en France».

Ecole centrale de nantes / SEM-REV
Ecole centrale de nantes / SEM-REV

Trois années de données collectées

SEM-REV est une version « grandeur nature » des bassins d'essais des carènes nantais. Avec un budget de plus de 15 millions d'euros apporté majoritairement par la Région Pays de Loire dans le cadre du projet Etat-Région (4), sa raison d'être est claire : accueillir des démonstrateurs EMR dans les conditions du réel, confronter leurs technologies aux exigences maritimes et étudier leur productivité, grâce à un suivi permanent des conditions d'environnement. SEM-REV n'a pas attendu pour commencer ces opérations de monitoring in situ. Avec 1 million d'euros consacré à l'instrumentation, les premiers houlographes ont été installés dès 2009, suivis en 2010 de courantomètres, d'anémomètres et de multiples capteurs dont les données sont transmises à la base de Pen Avel pour analyse.

Ecole centrale de nantes / SEM-REV
Ecole centrale de nantes / SEM-REV

Premiers prototypes dès la fin 2012

Initialement imaginé comme un prolongement des bassins de houle des laboratoires de l'Ecole Centrale de Nantes (5), SEM-REV est situé à 10 nautiques au large de la pointe du Croisic, dans l'ouest du banc de Guérande, zone présentant du point de vue de son potentiel pour des équipements houlomoteurs des caractéristiques de houle intéressantes. Devant l'expérience accumulée, la sur-instrumentation du site et l'avance prise par SEM-REV, de nombreux porteurs de projets EMR envisagent désormais d'y tester leurs démonstrateurs. Dès 2013, le « serpent » S3 de Single Buoy Moorings Offshore devrait côtoyer un prototype de l'éolienne flottante WINFLO développée par Nass&Wind en partenariat avec DCNS. Ces perspectives intéressantes sont en phase avec la stratégie de France Energies Marines qui vise à mutualiser des moyens de R&D, souvent coûteux et complexes... et qui réfléchit par ailleurs à agrandir le kilomètre carré actuel de SEM-REV par l'adjonction d'un nouveau site, voisin mais plus profond.


(1) Remote Operated Vehicle (robot sous-marin télécommandé).

(2) études du milieu marin (caractérisation des fonds par procédés acoustiques et sismiques puis opérations de prélèvement et carottages sur des points précis).

(3) création d'un sillon par mise en suspension des sédiments (projection d'eau sous pression).

(4) l'opération SEM-REV est inscrite autour de l'axe « Environnement et développement durable » du contrat de projets Etat-Région (CPER). Elle est affiliée au projet « Energies alternatives et propulsion » de ce même contrat.

(5) Laboratoire de Mécanique des Fluides.

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