Accueil Géopolitique Malouines, les îles de la discorde
Géopolitique
Malouines, les îles de la discorde
le 05 Avril 2010

Malouines, les îles de la discorde
Malouines, les îles de la discorde

Vingt-huit ans après la guerre qui a opposé la Grande-Bretagne à l’Argentine pour leur possession, les îles Malouines (Falklands en anglais) sont à nouveau au coeur d’un différend entre les deux pays. En cause, les recherches pétrolières entreprises, en février 2010, par une société britannique. Focus sur ces îles de la discorde sur lesquelles l’Argentine n’a toujours pas abandonné ses prétentions.

Le contentieux sur les îles Malouines, situées à 500 km des côtes argentines, remonte à 1833 quand une colonie britannique s’installa sur cet archipel également revendiqué par Buenos Aires. En avril 1982, après de longues négociations entamées au début des années 1960 dans le cadre du processus de décolonisation, des troupes argen - tines y débarquèrent en force et en prirent possession. Les Britanniques en reprirent le contrôle au terme d’une guerre de 100 jours qui coûta la vie à 649 Argentins et à 255 Britanniques. La reddition des forces argentines provoqua l’effondrement de la junte militaire alors au pouvoir.

Malouines, les îles de la discorde
Malouines, les îles de la discorde

Une réserve de pétrole de 60 milliards de barils

Le conflit de 1982, particulièrement intense, mit en oeuvre une combinaison d’opérations aéronavales et terrestres riche d’enseignements. Il consacra, pour la Grande-Bretagne, la nécessité de disposer d’une capacité suffisante de projection pour faire respecter sa souveraineté et l’intérêt, au plan strictement militaire, de disposer de sous-marins d’attaque, de forces spéciales et d’appui aérien. Il illustra notamment les limites des porte-aéronefs comparés aux porte- avions, ainsi que la vulnérabilité des navires de surface face aux missiles. La Grande-Bretagne et l’Argentine ont complètement rétabli leurs relations diplomatiques en 1990, même si Buenos Aires continue à revendiquer la souveraineté sur les Malouines. La campagne d’exploration pétrolière, menée à 160 km au nord des Maloui nes par la compagnie britannique Desire Pétroleum a immédiatement aiguisé la sensibilité argentine sur le sujet. Amorcée le 22 février 2010, cette campagne visait à évaluer les ressour ces exploitables, une mise en production n’étant pas officiel - lement envisagée avant plusieurs années. Des compagnies britanniques avaient déjà réalisé, dans les années 1970, puis à la fin des années 1990, des prospections qui avaient révélé des indices de pétrole et de gaz. Les recherches avaient été abandonnées en raison du faible coût de l’or noir (au-dessous de 20 dollars le baril). Toutefois, selon une étude de la British geological Society, réalisée en 1996, les réserves seraient aussi importantes que celles décelées dans la mer du Nord: 60 milliards de barils.

Faible soutien des États-Unis à la Grande-Bretagne

Avec un baril aujourd’hui à plus de 70 dollars, leur exploitation pourrait être rentable, d’autant que les eaux sont relativement peu profondes, entre 400 et 1200 mètres. Avec cette nouvelle prospection pétrolière l’Argentine considère que Londres viole les résolutions de l’Onu appelant les parties à dialoguer senet à ne prendre aucune décision unilatérale susceptible d’aggraver leur différend. L’Argentine, qui a bien précisé ne pas vouloir entreprendre d’action militaire contre la Grande-Bretagne, oblige cependant désormais tous les navires se dirigeant vers l’archipel à une autorisation de naviguer dans ses eaux. Le gouvernement britannique a répliqué que les règles en vigueur dans les eaux argentines n’affectaient pas les eaux des Falklands. Il a également menacé Buenos Aires de faire intervenir ses forces déployées sur place (1500 hommes et des aéronefs) si le trafic maritime était interrompu. Un destroyer de type 42 a été mis en alerte et, selon la presse britannique, le sous-marin d’attaque HMS Sceptre aurait été envoyé dans la région. Sur le front diplomatique, l’Argenti - ne a reçu l’appui du Groupe de Rio qui réunit trente-deux dirigeants d’Amérique latine et des Caraïbes. Ceux-ci ont con damné, à l’unanimité, le projet britannique et ont jugé «légitime» la réclamation de souveraineté de l’Argentine sur les îles. La Grande-Bretagne n’a obtenu, pour sa part, qu’un faible soutien des États-Unis. L’administration Obama a refusé de reconnaître cette campagne de prospection pétrolière dans la région comme conforme au droit international et a qualifié le différend entre les deux pays de «question bilatérale». Le 1er mars, Mme Clinton avait proposé sa médiation. La Grande-Bretagne, qui estime être en accord avec le droit international, l’a refusée, étant sur ce dossier opposée à toute médiation.

Partager cet article :

Retour Abonnez-vous à Marine&Océans

À lire aussi dans cette rubrique

Les articles les plus lus

Accueil Géopolitique Malouines, les îles de la discorde