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Marine Nationale
Entretien avec Philippe Ebanga
le 22 Décembre 2009

Entretien avec Philippe Ebanga Commandant du BPC Tonnerre
Entretien avec Philippe Ebanga Commandant du BPC Tonnerre

Entretien avec Philippe Ebanga Commandant du BPC Tonnerre : «Perpétuer l’esprit forgé par la Jeanne».

Vous allez recevoir à votre bord la première campagne d’application “post-Jeanne”. Quelle impression cela vous fait-il?

C’est la même passion qu’au départ de la première mission d’instruction du bâtiment école que je commandais à Brest et le même enthousiasme que lorsque, instructeur sur la conserve de la Jeanne d’Arc, nous quittions le Goulet pour six mois de campagne d’application en extrême-orient il y a quelques années. Je mesure en effet l’impact durable que notre comportement d’officiers, notre «leadership» et notre professionnalisme auront sur toute une génération d’officiers. L’équipage du Tonnerre, j’en suis certain, est animé par la même énergie, la même ambition et la volonté d’innovation nécessaire pour relever ce défi. ■ Un bâtiment ultramoderne comme le BPC va-t-il amener à faire évoluer le fond et la forme de l’enseignement donné aux élèves? Sur le fond, je crois que non. Il s’agit toujours de mettre ces futurs officiers en situation, de les faire naviguer en équipage loin de leurs attaches. En un mot, qu’ils prennent la mesure de leurs futures responsabilités et une stature d’officiers. En outre, nous aurons réussi s’ils ont réussi à prendre le sens de leur engagement et s’ils acquièrent leur style de commandement. Sur la forme, le Tonnerre et son escorte le Georges Leygues offrent des capacités opérationnelles qui vont naturellement impacter dont la façon nous allons former les officiers élèves. En effet, ce porte-hélicoptères d’assaut, à capacité amphibie fortement automatisé, sera utilisé au cours du déploiement dans tout le spectre de ses moyens. Le Georges Leygues permettra de garder un ancrage sur des bâtiments de combat plus classiques mais encore majoritaires dans la Marine nationale. Nous pensons que ce mariage sera extrêmement bénéfique pour la formation. Les Midships, comme toujours, seront partout associés et intégrés au fonctionnement et à la mise en oeuvre des deux bâtiments.

Le Tonnerre sera-t-il un nouveau navire-école entièrement dédié aux élèves ou ceux-ci vont-ils, à l’inverse, s’intégrer au programme opérationnel du bâtiment?

Le PH Jeanne d’Arc n’a pas été remplacé dans sa fonction de navire-école entièrement dédié à la formation. Il n’y aura donc pas de BPC consacré à cette fonction. Le Tonnerre va inaugurer un cycle d’activité nouveau dans lequel la formation sera superposée d’une part à des activités de préparation opérationnelle avec notamment les brigades spécialisées de l’armée de terre mais également à des activités et à des missions opérationnelles. Le bâtiment sera donc déployé dans les «arcs de crise» afin d’optimiser les périodes de mer et de mettre les officiers élèves au coeur des missions qu’ils auront à remplir dès leur première affectation.

Le Tonnerre reprendra-t-il le flambeau que tenait haut la Jeanne, d’ambassadeur et de vitrine de la France à l’occasion d’escales nombreuses et choisies?

Le groupe constitué par le BPC Tonnerre et la FASM Georges Leygues formera le premier «Groupe école Jeanne d’Arc». Il s’agit donc de perpétuer l’esprit forgé par la Jeanne avec des moyens adaptés aux challenges de notre temps. Le flambeau sera donc bel et bien repris par le Tonnerre, dès 2010, dans cette logique. Les escales seront, comme par le passé, choisies avec un soin particulier. Ces moments sont, dans le cursus de formation des officiers de la Marine, des occasions uniques de prise de conscience des enjeux géostratégiques dans les zones de déploiement.

Le BPC semble intéresser de nombreuses marines, pourquoi?

L’US Navy a été la pionnière dans ce domaine. Elle dispose de cette capacité au sein de ses «Expeditionary Strike Groups» (ESG). Dans la Marine nationale, nous avons depuis quelques années en service ces Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) qui ont rapidement fait leurs preuves en opérations ou à l’occasion d’activités en coalition. Ces formidables «toolbox», souples d’emploi et à forte capacité interarmées, permettent d’apporter des réponses réactives et adaptées à une crise. En effet, elles offrent quatre capacités majeures servies par un équipage réduit sur un bâtiment unique : un porte-hélicoptères, un bâtiment amphibie, une plate-forme de commandement et un hôpital. L’utilisation que la Marine nationale fait de ces capacités et leur mise en oeuvre maîtrisée contribuent tous les jours à leur succès.

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