Accueil Marines du monde Vendée Globe, "Nous allons essayer de vous raconter une belle histoire" Kito de Pavant.
Marines du Monde
Vendée Globe, "Nous allons essayer de vous raconter une belle histoire" Kito de Pavant.
le 06 Novembre 2016

Départ du ponton, descente du chenal : après trois semaines à terre, les 29 marins engagés dans le 8e Vendée Globe ont vécu ce dimanche matin des moments d'intense émotion aux Sables d'Olonne. Mais en bons compétiteurs, ils ont repris leurs esprits et sont rentrés pleinement dans leur course. A 13h02, ils se sont élancés dans des conditions exceptionnelles. Moins d'une heure plus tard, l'Espagnol Didac Costa a constaté des problèmes électriques consécutifs à l'arrachage d'un ballast. Didac a fait demi tour vers les Sables d'Olonne. Les autres concurrents filent à bonne allure vers le cap Finisterre, la flotte étant emmenée par Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) et Vincent Riou (PRB).

« On va prendre un shoot de positif avant de passer en mode guerrier ! » Thomas Ruyant résumait parfaitement l'état d'esprit général qui prévalait ce matin à Port-Olona. Un à un, de 8h50 à 10h42, les 29 skippers du Vendée Globe 2016-2017 ont largué les amarres pour l'aventure d'une vie : le tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.

La sortie du chenal : 20 minutes pour l'éternité
La sortie du chenal des Sables d'Olonne est un moment symbolique fort, un dernier contact avec la foule avant de longs mois en solitaire. Qu'ils soient bizuths ou non, tous ont vécu avec émotion cette parade dans un véritable stade nautique surchauffé. Près de 350 000 spectateurs se sont massés le long des digues. Avant la solitude, dans des conditions de vie spartiates, les skippers ont fait le plein d'ondes positives. Quand les conditions se durciront, ou durant les inévitables baisses de moral, ils pourront repenser à toutes ces marques de soutien…

Les favoris aux avant-postes, Didac Costa en difficulté
Emus, forcément, les 29 candidats au Vendée Globe sont rapidement passés en mode course. Franc soleil, vent portant d'une quinzaine de nœuds, mer sage : les marins ne pouvaient espérer meilleur scénario à une période où les dépressions peuvent frapper durement. Les concurrents ont coupé la ligne à 13h02. Certains étaient semble-t-il trop impatiens d'en découdre : Bertrand de Broc (MACSF) et Enda O'Coineen (Kilcullen Voyager-Team Ireland) ont été signalés « Rappel Individuel » pour avoir mordu la ligne quelques secondes trop tôt. Ils ont dû repasser la ligne et donc perdre un peu de temps. Mais cela n'est pas grand chose à l'échelle d'un tour du monde. Cette petite mésaventure n'était rien comparée à celle vécue par l'Espagnol Didac Costa (One Planet One Ocean). A 13h54', il décidait de faire demi tour après avoir constaté une voie d'eau et des problèmes électriques. Son équipe montée à bord a pu établir un diagnostic précis de l'incident qui parait moins grave qu'envisagé : il s'agit d'un tuyau de ballast qui s'est arraché et qui s'est déversé. Le problème électrique est une conséquence.
Escorté par un bateau de la SNSM, il était attendu vers 17h30 au ponton de Port-Olona où il établira dans la soirée un diagnostic plus précis et prendra une décision quant à la suite de la compétition.
Pas de souci signalé pour les 28 autres concurrents qui vont avaler le golfe de Gascogne à bonne allure. Les favoris ont rapidement pris les devants. Au pointage de 16h, Sébastien Josse devançait Jean-Pierre Dick et Vincent Riou, seul bateau à dérives droites à faire de la résistance puisqu'il était suivi par les trois foilers d'Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII), Jérémie Beyou (Maître CoQ) et Morgan Lagravière (Safran).
Les skippers devront rester prudents dans la nuit puisque une masse d'air froid arrive sur le Golfe de Gascogne et génère beaucoup d'instabilité avec des grains possibles. Le vent pourrait monter à 25-30 nœuds avec des rafales possibles à 35 nœuds dans une mer formée. A ce rythme au lever du jour lundi, les leaders devraient déjà être au large du cap Finisterre…

Ils ont dit sur le ponton du Vendée Globe :

Morgan Lagravière (Safran) :
« Il y a des moments importants à vivre. Ce départ du Vendée Globe en est un. C'est un moment que je n'oublierai pas, une émotion positive qu'il faut vivre pleinement. Il va falloir se mettre dans la course le plus rapidement possible. On sait que les débuts de course sont souvent un peu rapides, on veut sortir les muscles mais ce n'est pas forcément une bonne chose. Il va falloir le faire intelligemment, sans se bruler les ailes. »

Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) :
« Peut être que l'on va pouvoir fermer l'œil quelques minutes la nuit prochaine mais je pense que nous pourrons vraiment nous relâcher seulement au niveau du cap Saint-Vincent (pointe sud du Portugal). La course va partir assez vite avec quelques manœuvres où il va falloir faire les bons choix de voiles. C'est important d'être dans le peloton de tête parce que le petit temps nous rattrape rapidement par derrière.
Partir sur ces aventures nous captive. On a des ambitions, des envies et être au départ du Vendée Globe, c'est une tranche de vie. On ne va pas le faire dix fois : deux, trois, peut-être quatre fois maximum dans son parcours. 
»

Vincent Riou (PRB) :
« Ce départ est l'aboutissement de beaucoup de choses à quoi s'ajoute ce matin l'émotion du départ. Bien sûr, on est fébrile et on vise déjà la victoire de revenir. Si c'est devant, ce ne sera que mieux. Cette course est exceptionnelle, mais attention, les faits de tous les jours nous rappelleront que c'est aussi une aventure... »

Kito de Pavant (Bastide Otio) :
« Il va se passer plein de choses, nous savons bien qu'il y aura aussi des larmes sur ce Vendée Globe, mais nous allons essayer de vous raconter une belle histoire. »

Jérémie Beyou (Maître CoQ) :
« Le Vendée Globe n'est pas une course comme les autres. Le début de course sera technique notamment à partir de l'Espagne avec du vent fort au portant. Il faudra être devant, trouver ses marques, ne pas percuter un pêcheur. Mon objectif : naviguer à mon rythme, ménager le bateau et finir devant. J'ai le bateau pour aller au bout et si j'y arrive je ne serai pas loin des premières places. »

Kojiro Shiraishi (Spirit of Hungary) :
« Je suis très content d'être ici et je donne rendez-vous ici dans trois mois. J'ai fait en sorte d'être un bon exemple comme premier marin asiatique ! »

Alan Roura (La Fabrique) :
« C'était le rêve de ma vie, je suis trop heureux. Je vis le jour le plus important de ma vie. Je pleure mais ce sont des larmes de bonheur, maintenant il faut qu'on parte, il faut y aller... »

Partager cet article :

Retour Abonnez-vous à Marine&Océans

À lire aussi dans cette rubrique

Les articles les plus lus

Accueil Marines du monde Vendée Globe, "Nous allons essayer de vous raconter une belle histoire" Kito de Pavant.