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Vendée Globe, un nouveau temps de référence à l'équateur
le 16 Novembre 2016
9 jours 07 heures 02 minutes ! C'est donc le nouveau temps de référence entre Les Sables d'Olonne et l'équateur établi par Alex Thomson (Hugo Boss) mardi vers 20h (heure française), soit un jour et quatre heures de mieux que Jean Le Cam en 2004… Un temps canon qui s'explique par des conditions météorologiques très favorables depuis le départ dimanche 6 novembre, par un Pot au Noir peu développé pour les premiers et par les performances nettement accrues des monocoques IMOCA, avec ou sans foils. Car Le Britannique était suivi 2h54' plus tard par Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII), puis avec 3h22' de retard par Vincent Riou (PRB), 4h59' plus tard par Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) et 5h47' après par Paul Meilhat (SMA).

Tonnerre et éclairs

Quant à Jérémie Beyou (Maître CoQ), il a changé d'hémisphère juste avant le classement de 5h00, suivi par Morgan Lagravière (Safran) plus à l'Est. En fait, les dix premiers ont réussi à s'extirper du Pot au Noir et font désormais route vers Recife dans un alizé de Sud-Est modéré sur l'équateur (10-15 nœuds) et déjà plus soutenu pour les leaders (18-22 nœuds). En revanche, du 8°N au 4°N, la Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) a une légère tendance à se résorber et le peloton n'est pas totalement ralenti même si les orages égrainent leurs coups de tonnerre et leurs éclairs à l'horizon.

Par 27°W, il semble qu'il y ait un passage pas trop actif qui permet aux solitaires de maintenir une vitesse moyenne supérieure à 6 nœuds, à l'image de Kito de Pavant (Bastide Otio), Louis Burton (Bureau Vallée), Bertrand de Broc (MACSF) et Arnaud Boissières (La Mie Câline). Mais derrière ce groupe, il n'est pas sûr que les conditions soient aussi favorables même si le jour pointant ses rayons au large du côté africain, devrait faciliter le repérage des grosses masses nuageuses.

Enfin autour du Cap-Vert, l'Irlandais Enda O'Coineen (Kilcullen Voyage-Team Ireland) s'échappe des perturbations des îles quand Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) tente une voie originale entre l'archipel et le continent alors que Tanguy de Lamotte est reparti de Mindelo. Le skipper d'Initiatives-Cœur n'a pas pu réparer la casse de sa tête de mât, et s'il n'a pas encore officiellement abandonné, il fait route vers les Sables d'Olonne sous voilure réduite.

Jérémie Beyou (Maître CoQ) :

« Je vais passer l'équateur juste avant 5h00 ! Le vent a bien forci à la tombée de la nuit et là, j'ai 14 nœuds de vent de secteur Sud-Est, une brise qui devrait se renforcer dans la journée. Je fais donc du près légèrement débridé à 70° du vent, direction le Brésil. Après il y a un front qui devrait nous emmener assez loin… Nous avons des alizés assez stables qui vont tourner lentement vers l'Est et nous allons progressivement accélérer. En ce moment, il n'y a pas beaucoup de mer avec une quinzaine de nœuds et c'est une course de vitesse vers Recife. Mais ce n'est pas la panacée depuis quelques jours à bord de Maître CoQ : depuis l'entrée du Pot au Noir, j'ai de gros problèmes de pilote et je suis passé à cause de ça du moment côté du premier grain. J'ai eu des soucis avec mes deux premiers pilotes quasiment depuis le départ des Sables d'Olonne et là, j'ai dû traverser le Pot au Noir sans pilote : je ne savais plus par moments si j'allais au Nord ou au Sud ! C'était très problématique ! J'utilise maintenant le troisième pilote car les deux premiers sont HS : on sait à peu près où est la panne, mais il faut résoudre un problème électronique… C'est inquiétant. Tous les bords de vent arrière avec 25 nœuds, ce n'était pas terrible quand je partais à l'abattée. Heureusement, je n'ai rien cassé. Il faut absolument qu'on trouve une solution. »

Conrad Colman (Foresight Natural Energy) :

« Je viens juste de rentrer dans la zone orageuse, le début du Pot au Noir : j'ai déjà contourné quelques orages… J'ai déjà passé cette zone mais souvent les gens pense que le Pot au Noir, c'est soleil et petit temps mais ce n'est pas ça ! Le vent change tout le temps, surtout avec les gros nuages. Heureusement, il y a une super lune pour éclairer tout ça : il y a une très bonne visibilité et il y a encore de la brise (10-11 nœuds) pour piquer vers le Sud. C'est difficile de savoir si cela va durer mais à cette heure, ce n'est pas trop mal pour moi, plus délicat pour mes poursuivants… Car il y a du monde autour du moi, devant et derrière : je suis content parce que j'ai un bateau à cheval entre ceux de 2000 et ceux de 2008, et pour l'instant, ça marche pas trop mal. J'ai la forme et le bateau aussi même s'il a fallu que je bricole hier à cause de mon système hydraulique qui gère le basculement de la quille. J'avais une fuite sur une vis et il a fallu que je coupe les marches de la descente pour la resserrer : je n'ai plus de fuite, mais je n'ai plus de marches !"

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