Accueil Marines du monde Vendée Globe, cinq grandes batailles planétaires
Marines du Monde
Vendée Globe, cinq grandes batailles planétaires
le 17 Décembre 2016
Si le match France-Angleterre entre Banque Populaire VIII et Hugo Boss a perdu de l'intensité depuis 48 heures (près de 400 milles d'écart ce soir), derrière, dans le Pacifique Sud et l'Indien, il y a de quoi vibrer, taper du pied, se ronger les ongles, voir lancer une hola ! Cinq superbes bagarres se déroulent en ce moment même sous les cieux les plus inhospitaliers de la planète. Beyou/Meilhat, Eliès/Dick/Le Cam, Le Diraison/Fa, O'Coineen/Roura/Wilson et Attanasio/Destremau. Faites vos jeux, le suspense reste entier sur le 8e Vendée Globe.
 
 
Jérémie Beyou (Maître CoQ) et Paul Meilhat (SMA) : Ne me quitte pas !
22 jours que ces deux-là ne se quittent plus d'une semelle. Comprenez qu'avant le cap de Bonne Espérance, Jérémie Beyou et Paul Meilhat se sont retrouvés bord à bord pour ne plus se séparer. Un mariage qui avait déjà vécu de belles heures en 2012, puisque Maître Coq n'est autre que l'ex Banque Populaire d'Armel Le Cléac'h (avec des foils ajoutés cette année) et SMA, le Macif de François Gabart. Ce samedi 17 décembre 2016, après 14 000 milles parcourus depuis les Sables d'Olonne (soit près de 28 000 km), moins de 2 milles séparent les deux Imoca qui jouent une place sur le podium du 8e Vendée Globe.

Yann Eliès (Queguiner-Leucémie Espoir), Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac), Jean Le Cam (Finistère Mer Vent) : Les trois mousquetaires
Ils se tiennent en moins de 100 milles. Le trio s'est regroupé depuis que Jean-Pierre Dick a joué son option tranchée au nord de la Tasmanie. Brandissant ses foils tels des épées, le Niçois s'est offert une superbe remontée de 500 milles rejoignant ses camarades de jeu, bien décidé à doubler Yann Eliès à 45 milles de son étrave. Jean Le Cam semble en grande forme sur son bateau qui n'a pas connu de grosse misère. Il va y avoir de la bagarre ! Thomas Ruyant (Le Souffle du Nord Pour le Projet Imagine), 8e, devrait souffrir dans la tempête demain, mais il est loin d'avoir dit son dernier mot quant à sa capacité à rejoindre les trois Mousquetaires…

Stéphane Le Diraison (Compagnie du Lit-Boulogne Billancourt) et Nandor Fa (Spirit of Hungary) : Attrape moi si tu peux…
A un peu moins de 4 000 milles de la tête de flotte, Stéphane Le Diraison, 40 ans, bizuth du Vendée Globe, a doublé hier le cap Leeuwin devant un ancien routier de la grande boucle, le Hongrois Nandor Fa. 10 h seulement les séparaient ! « C'est top ! Je suis fier de moi ! C'est un chrono de malade, en plus pour un bateau mis à l'eau en 2007. J'ai tout donné, j'ai parcouru près de 3 000 milles à 15 nœuds de moyenne. Je suis content car je marque Nandor grâce à une belle trajectoire, ça fait plaisir. » confiait ce matin ce marin discret qui se bat pour conserver coûte que coûte cette belle dixième place au classement. 70 milles le séparent de Nandor Fa, 5e du Vendée Globe en 1993…

Enda O'Coineen (Kilcullen Voyager Team Ireland), Alan Roura (La Fabrique), Rich Wilson (Great American IV) : Le doyen, le benjamin et le joueur de flûte
Ces trois-là naviguent groupés en moins de 120 milles. Rich Wilson, dont c'est la deuxième participation au Vendée Globe (9e en 2009) est le doyen de cette édition 2016 (63 ans) et colle au train du plus jeune Alan Roura (23 ans), bizuth diablement accrocheur. « Je suis content d'être avec Rich (Wilson) et Enda (O'Coineen). Ce sont des supers marins, je suis frustré de voir Enda partir aussi vite, mais j'ai 23 ans, mon bateau en a 16, je suis très fier de ce que je fais ! » soulignait le petit Suisse ce midi au Vendée Live. L'Irlandais Enda O'Coineen et Alan ne sont séparés que de 10 milles au classement. Va y avoir du sport ! D'autant qu'Enda, le joueur de flûte, rencontre des problèmes d'informatique le pénalisant pour sa stratégie.

Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) et Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) : les arrières se démènent
A plus de 6 600 milles d'Armel Le Cléac'h, les deux derniers s'accrochent. Romain Attanasio devance de 40 milles Sébastien Destremau. Sur leurs bateaux « vieux » de 1998 la route est longue mais ce match leur permet de rester compétiteurs malgré tout. Important pour continuer à faire avancer leurs montures au meilleur de leur potentiel… Affaire à suivre, car tous les deux sont des régatiers avant tout !

Messages du bord
Pieter Heerema (No Way Back)
« Encore une nuit agitée. Je dormais lorsqu'un gros grain est arrivé qui a propulsé le bateau à plus de 24 nœuds toutes voiles dehors. Pas complètement hors de contrôle, mais pire encore, les instruments indiquaient n'importe quoi. Par hasard, j'avais laissé le pilote en mode compas, ce que je ne fais pas habituellement quand je vais dormir. Cela m'a bien sauvé, car sinon dans ce super grain le bateau aurait fait une pirouette et au mieux cela aurait engendré un démâtage, mais cela aurait pu être pire encore! »


Conrad Colman (Foresight Natural Energy)
La première grande dépression dont la Direction de Course nous a avertis est finie et j'avance maintenant dans sa traîne avec de fortes rafales sous un ciel dégagé. Après avoir croisé Arnaud (Boissières), j'ai décidé de progresser vers l'Est devant la dépression en espérant sortir de ses griffes. Peu à peu j'ai réduit la voilure. J'établissais des records de vitesse avec mes plus petites voiles à poste ! Les écrans affichaient 26, 27, 28...... 29 nœuds de vitesse.

Partager cet article :

Retour Abonnez-vous à Marine&Océans

À lire aussi dans cette rubrique

Les articles les plus lus

Accueil Marines du monde Vendée Globe, cinq grandes batailles planétaires