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Les forces nucléaires stratégiques sous-marines dans le monde
le 01 Février 2011

Les forces nucléaires stratégiques sous-marines dans le monde
Les forces nucléaires stratégiques sous-marines dans le monde

Neuf États détiennent aujourd’hui l’arme atomique : les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord. L’Iran s’y prépare. Seuls les cinq premiers sont dotés d’une force nucléaire stratégique sous-marine mise en oeuvre à partir de SNLE. Ils seront bientôt rejoints par l’Inde. Instrument de la dissuasion, le SNLE est un sous-marin à propulsion nucléaire de très grande taille, doté de missiles mer-sol balistiques stratégique (MSBS) à charge nucléaire, disposés dans des tubes de lancement verticaux et lancés en plongée. Il est également équipé de systèmes d’armes d’autodéfense : torpilles, missiles mer-mer... En raison de son autonomie et de ses qualités de discrétion acoustique, il est difficile à localiser et peut garantir, depuis n’importe quelle mer du globe, une frappe nucléaire de riposte. Au 1er janvier 2011, trente-six sous-marins nucléaires lanceurs d’engins étaient en service dans le monde. Les États-Unis et la Russie en possèdent vingt-six à eux deux, soit plus des deux tiers. Revue des forces en présence et des doctrines d’emploi.

ÉTATS-UNIS

L’USS Nebraska (SSBN-739)
L’USS Nebraska (SSBN-739)

La force océanique stratégique des États- Unis compte 14 SNLE de la classe Ohio. Chaque sous-marin peut emporter 24 missiles Trident II D5 d’une portée annoncée de l’ordre de 8300 km. Chaque missile, a une charge utile de 2800 kg, soit 12 ogives W76 d’une puissance de 100 kilotonnes (kt), ce qui représente pour chaque SNLE une puissance de feu théorique de 28800 kilotonnes, 1900 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima ! En 2008, conformément aux accords Start (lire encadré, page 41), les États-Unis avaient réduit de 42 % le pouvoir de destruction des SNLE de la classe Ohio ramenant la charge de chaque missile Trident II D5 à cinq têtes nucléaires de 485 kilotonnes. On estime aujourd’hui qu’ils disposeraient de 288 missiles opérationnels et d’environ 1150 ogives nucléaires de type W76 et W88. L’examen quadriennal de défense (Quadriennal Defense Review), publié le 1er février 2010, a fixé le format des forces pour la période 2011/2015. Il prévoit le maintien en service des 14 SNLE de type Ohio appelés à être remplacés par 12 SNLE de nouvelle génération SSBN(X), dont le premier pourrait être opérationnel en 2019 et le second en 2022. Un bâtiment serait ensuite livré chaque année, entre 2024 et 2033. Le déplacement de ces sous-marins de nouvelle génération pourrait être limité à 15000 tonnes en plongée (contre 18750 tonnes pour la classe Ohio) et ils ne seraient équipés que de 16 missiles MSBS. Le coût du programme est aujourd’hui estimé à plus de 80 milliards de dollars.

Pour tenir compte des nouvelles menaces en Asie et au Moyen-Orient, huit des 14 SNLE dont disposent les États-Unis sont déployés dans le Pacifique et en océan Indien. Ils sont rattachés à la base sousmarine de Kitsap-Bangor, dans l’État de Washington, située sur la côte Pacifique. Les six autres opèrent en Atlantique et dans le Grand Nord depuis la base de Kings’Bay, dans l’État de Géorgie.

Doctrine d’emploi

Le 6 avril 2010, les États-Unis ont publié la partie non classifiée de la Nuclear Posture Review (NPR). Il s’agit d’un document essentiel de leur politique de Défense qui fixe leur stratégie nucléaire pour les cinq à dix ans à venir. Il réduit de manière substantielle les circonstances dans lesquelles les États-Unis pourraient faire usage de l’arme atomique. La NPR pose le principe de la non-utilisation de l’arme nucléaire contre un État qui n’en disposerait pas et qui serait en conformité avec le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Il y est men^tionné qu’un État de ce type qui mènerait une attaque chimique ou biologique contre les États-Unis devrait subir une réponse militaire conventionnelle et non nucléaire. Il y est toutefois précisé que dans le cas d’une «attaque bactériologique dévastatrice», les États-Unis se réserveraient le droit de revenir sur leurs engagements. Ces conditions d’emploi de l’arme atomique ne s’appliquent pas à l’Iran ou à la Corée du Nord, ces deux pays agissant, selon les États-Unis, en violation du TNP. Le président Barak Obama a renoncé à défendre le principe du non-emploi de l’arme nucléaire «en première frappe». Il a cependant fait du désarmement nucléaire un projet phare de sa politique étrangère dans le but de tendre, à terme, vers un monde dénucléarisé. L’Iran ne pourrait, selon lui, être convaincu de renoncer au feu nucléaire sans une avancée concomitante de l’Occident vers la dénucléarisation. La signature avec les Russes de l’accord Start III (lire encadré, page 41) pour une réduction des armements stratégiques participe de cette analyse.

RUSSIE

Le Yuri Dolgorukiy (1er SNLE de la classe Boreï) faisant surface, lors de ses essais en mer Blanche
Le Yuri Dolgorukiy (1er SNLE de la classe Boreï) faisant surface, lors de ses essais en mer Blanche

Au premier janvier 2011, la marine russe dispose de 12 SNLE de quatre types différents : quatre de la classe Delta III (trois affectés à la flotte du Pacifique, un à la flotte du Nord) ; six de la classe Delta IV affectés à la flotte du Nord ; un de la classe Typhoon affecté depuis 2005 aux essais du nouveau missile balistique SS-N-30 Bulava (deux SNLE de cette classe sont actuellement en réserve et pourraient être transformés pour recevoir le futur MSBS Bulava et/ou des missiles de croisière). Le dernier bâtiment est un SNLE de nouvelle génération de la classe Boreï. Actuellement en essai, le Youri Dolgorukiy a été spécialement conçu pour la mise en oeuvre du futur missile Bulava. Il devrait être admis au service actif courant 2011 si le missile parvient à être opérationnel. C’est le premier d’une série annoncée de huit bâtiments prévus pour être opérationnels en 2017 dont deux pourraient également être lancés en 2011. Trois autres sont en construction. La force nucléaire stratégique sousmarine russe serait aujourd’hui dotée de 160 missiles MSBS et de 576 ogives nucléaires. Elle est répartie entre la flotte du Nord dont le commandement unifié est situé à Severomorsk, dans la péninsule de Kola, entre Mourmansk et la frontière avec la Norvège (base à Gadzhiyevo), et la flotte du Pacifique positionnée à Vilyuchinsk dans la péninsule du Kamchatka où une nouvelle base a également été construite.

Doctrine d’emploi

La dissuasion nucléaire joue toujours un rôle particulièrement important dans la doctrine militaire russe. Selon la nouvelle version du Concept de sécurité nationale, voulue et entérinée par Vladimir Poutine, «la Fédération de Russie conserve le statut de puissance nucléaire pour dissuader tout ennemi d’une agression dirigée contre elle et / ou ses alliés». Le recours à l’arme nucléaire ne peut s’opérer que dans une situation où l’existence même de la Russie est menacée. L'arme nucléaire est perçue comme un facteur de prévention des conflits autant que comme un élément de puissance même si l’article 90 d’un document baptisé Stratégie de sécurité nationale jusqu’en 2020 stipule que le souhait de la Russie est de parvenir, à terme, à une totale dénucléarisation de la planète. Les présidents Vladimir Poutine (2000- 2008) et Dmitri Medvedev depuis 2008, ont toujours considéré que le maintien de la parité nucléaire avec les États-Unis permettait à la Russie d’apparaître comme une grande puissance en dépit de l’effondrement de son armée après la chute de l’URSS. La capacité de la Russie à détruire les États-Unis doit lui permettre de jouer un rôle prépondérant dans la gestion de la sécurité globale.

"Selon les dirigeants russes, le maintien de la parité nucléaire avec les États-Unis permet à la Russie d’apparaître comme une grande puissance."

La signature du récent traité Start III pour la réduction des armements nucléaires entre les deux pays (lire encadré, ci-dessus) a été présentée par la presse russe comme une forme de reconnaissance d’un retour de la puissance russe. Sous la présidence de Vladimir Poutine, la Russie a beaucoup favorisé le complexe militaro-industriel notamment pour le maintien de la dissuasion nucléaire nationale. Des investissements massifs ont été réalisés dans le secteur des missiles afin d’atteindre un niveau semblable à celui de la dernière année de l’Union soviétique. Si les essais du nouveau missile intercontinental RSM-24 Topol-M, ont été con cluants, ceux du missile MSBS de nouvelle génération, RSM-56 Bulava le sont moins. Le Bulava accumule les échecs, retardant ainsi l’entrée en service des derniers SNLE de la classe Boreï. Plus généralement, le président Medvedev a souhaité que la Marine russe soit à nouveau présente sur toutes les mers du monde. Cela vaut pour ses forces sous-marines, notamment pour les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA). En août 2009, le Pentagone a révélé que pour la première fois, depuis plusieurs années, des SNA russes patrouillaient à nouveau au large des côtes américaines. «Nous savons où ils se trouvent. Nous ne sommes pas inquiets quant à notre capacité à suivre leurs mouvements. Nous sommes seulement préoccupés par le fait qu’ils soient là…» a confié, sous couvert de l’anonymat, un responsable du renseignement militaire américain au New York Times. Rappelons, pour information, que dans un document baptisé Doctrine Militaire de 2010, l’Otan et ses projets d’élargissement restent pour la Russie une menace majeure, devant la prolifération nucléaire et le terrorisme.

FRANCE

SNLE-NG Le Terrible en présence de Nicolas Sarkozy
SNLE-NG Le Terrible en présence de Nicolas Sarkozy

La Force océanique stratégique (FOST) constitue la principale composante des forces nucléaires stratégiques françaises. Au 1er janvier 2011, la FOST est composée de quatre SNLE de nouvelle génération (SNLE/NG) de la classe Le Triomphant, trois armés de 16 missiles stratégiques M-45, le quatrième, Le Terrible, étant lui doté du MSBS/NG M-51. Les trois autres SNLE seront adaptés au M-51, entre 2011 et 2018

Doctrine d’emploi

Le dernier Livre blanc sur la Défense rappelle que la dissuasion nucléaire demeure un fondement essentiel de la stratégie nationale et qu’elle est la garantie ultime de la sécurité et de l’indépendance de la France. Il y est écrit que : «La France disposera des moyens de pérenniser ses capacités aussi longtemps que les armes nucléaires seront nécessaires à sa sécurité.» Pour autant, «la France a pris et continuera de prendre des initiatives dans le domaine du désarmement nucléaire. Elle sera particulièrement active dans la lutte contre la prolifération des armes nucléaires, biologiques et chimiques, ainsi que des missiles susceptibles de les emporter».

"Notre dissuasion nucléaire nous protège de toute agression d’origine étatique contre nos intérêts vitaux."

Le 21 mars 2008, à Cherbourg, le président de la République a clairement précisé la position française à l’occasion de la présentation du SNLE Le Terrible : «Notre dissuasion nucléaire nous protège de toute agression d’origine étatique contre nos intérêts vitaux (…). Ceux-ci comprennent, bien sûr, les éléments constitutifs de notre identité et de notre existence en tant qu’État- Nation, ainsi que le libre exercice de notre souveraineté (…). Tous ceux qui menaceraient de s’en prendre à nos intérêts vitaux s’exposeraient à une riposte sévère de la France, entraînant des dommages inacceptables pour eux, hors de proportion avec leurs objectifs. Ce serait alors en priorité les centres de pouvoir politique, économique et militaire qui seraient visés (…). Nous ne pouvons exclure qu’un adversaire se méprenne sur la délimitation de nos intérêts vitaux ou sur notre détermination à les sauvegarder. Dans le cadre de l’exercice de la dissuasion, il serait alors possible de procéder à un avertissement nucléaire, qui marquerait notre détermination. Il serait destiné à rétablir la dissuasion (…). Le missile intercontinental M51, que Le Terrible emportera dès sa mise en service en 2010, et le missile ASMPA que le Rafale emportera dès cette année (NDLR : 2008), répondent à l’analyse des risques à l’horizon du Livre blanc. J’ai aussi la conviction qu’il est indispensable de maintenir deux composantes nucléaires, une océanique et une aéroportée. En effet, leurs caractéristiques respectives, notamment en termes de portée et de précision, les rendent complémentaires. Pour faire face à toute surprise, le chef de l’État doit pouvoir compter sur elles en permanence (…). Notre dissuasion tient compte aussi de l’évolution du monde, de nos alliances et de la construction européenne (…). S’agissant de l’Alliance atlantique, sa sécurité repose également sur la dissuasion nucléaire. Les forces nucléaires britanniques et françaises y contribuent. Cela figure dans le concept stratégique de l’Alliance, depuis 1974, et reste d’actualité (…).»

ROYAUME-UNI

le HMS Vanguard, entré en service en 1993
le HMS Vanguard, entré en service en 1993

Comme la France, la Force océanique stratégique britannique est composée de quatre SNLE, tous de type Vanguard. Ils sont basés à Faslane (Écos - se), à la HMNB (Her Majesty’s Naval Base) Clyde. Toutefois, le Royaume-Uni reste dépendant des États-Unis pour ses missiles balistiques Trident II D5, fabriqués et entretenus par les Américains. Les têtes nucléaires sont réalisées au Royaume-Uni mais dans le cadre d’une coopération avec des laboratoires américains. Les Britanniques avaient prévu le lancement d’un programme de SNLE destinés à remplacer les Vanguard à compter de 2024. En raison des contraintes budgétaires, ce programme a été retardé. Les SNLE actuels sont prolongés. Ce n’est qu’en 2016 que sera décidé si la prochaine génération, dont le premier exemplaire entrera en service en 2028, comptera quatre ou trois SNLE/NG. Ceux-ci seront conçus pour n’emporter que 8 missiles, au lieu de 16 sur les Vanguard. Il a d’ores et déjà été décidé de ramener à un maximum de huit le nombre de missiles Trident opérationnels embarqués sur les Vanguard. Le volume total de l’arsenal nucléaire britannique, qui se situait sous un plafond de 225 têtes nucléaires selon les indications données en mai 2010, sera ramené à 180 têtes maximum. Le nombre de têtes nucléaires opérationnelles sera réduit de 160 à 120 et il n’y aura pas plus de 40 têtes nucléaires par SNLE.

Doctrine d’emploi

Dans la Strategic Defence and Security Review (SDSR) publiée le 19 octobre 2010, le Royaume- Uni réaffirme sa doctrine de «dissuasion minimale», très proche de la notion de «stricte suffisance» retenue par la France. Elle répond à la nécessité de disposer d’un moyen ultime pour dissuader les menaces les plus extrêmes. Le Royaume-Uni n’écarte pas la possibilité de voir ressurgir une menace nucléaire majeure et directe à son encontre, en raison du maintien d’arsenaux nucléaires conséquents dans le monde, du risque d’une poursuite de la prolifération nucléaire et du nombre d’États susceptibles de se doter de l’arme nucléaire. La Strategic Defence and Security Review souligne également la contribution de la dissuasion nucléaire britannique dans le cadre de l’Otan, au profit de la sécurité euro-atlantique. Le Royaume-Uni n’envisage l’usage de ses armes nucléaires que dans des circonstances extrêmes de légitime défense, y compris de défense de ses alliés de l’Otan. Il entend toutefois maintenir l’ambiguïté sur les circonstances, les modalités et l’usage qu’il pourrait en faire. Il est dit qu’il n’utilisera pas ou ne menacera pas d’utiliser ses armes nucléaires contre un État non-nucléaire partie au TNP, dès lors que cet État n’est pas en violation de ses obligations de non-prolifération. Comme les États-Unis, le Royaume-Uni se réserve le droit de reconsidérer ces assurances, en fonction de la menace chimique et biologique.

CHINE

Les forces nucléaires stratégiques sous-marines dans le monde
Les forces nucléaires stratégiques sous-marines dans le monde

La Marine de l’armée populaire de libération disposerait de trois sous-marins nucléaires lanceur d’engins : un premier de la classe Daqingyu (Xia en terminologie Otan) et deux de la classe Jin type 094. Ils auraient été vus sur la base navale de Jianggezhuang, située près de Qindao, siège de la flotte du Nord, ou sur la base de Xiaopingdao, près de Dalian. Ces deux bases sont situées sur la mer Jaune. Selon les sénateurs français (rapport dinformations n°332), la situation de la Force océanique stratégique chinoise serait différente, la Chine ne disposant pas véritablement jusqu’à présent d’une véritable composante sous-marine. Son seul SNLE serait le Dagingyu mais celui-ci n’aurait jamais effectué de patrouille de dissuasion et ne serait même plus considéré comme opérationnel. Selon ce même rapport, la Chine serait aujourd’hui engagée dans la réalisation de quatre à cinq SNLE type 094, de classe Jin, appelés à être rattachés à la nouvelle base de Sanya, construite à l’extrême sud du pays, sur l’île de Haïnan. Ces SNLE, dont les premiers exemplaires seraient en cours d’admission au service actif, seront dotés de 12 missiles balistiques Julang-2. Selon une source officielle américaine, le Julang-2 (déclaration nominative de l’Otan : CSS-NX-4) est un missile à trois étages, à propergol solide, programmé pour les SNLE Type 094 (classe Jin). Très peu d'informations sont disponibles sur ce programme d'armement hautement classifié. Le MSBS Julang 2 est une version dérivée du missile balistique intercontinental (ICBM) Dong Feng 31. D'une portée maximale de 8 000 km, il pourrait transporter 3 à 4 têtes multiples indépendamment des véhicules de rentrée (MIRV), chacune avec un rendement de 90 kilotonnes, ou une ogive unique de 25 à 1 000 kilotonnes. Il renforcera de manière significative la crédibilité de la force océanique stratégique chinoise.

Doctrine d’emploi

La nucléarisation de la Chine est lancée à l’initiative de Mao Zedong qui estime, dès 1956, que son pays doit se doter d’armes atomiques. Trente ans plus tard, en 1989, le major général Yang Huan, à l’époque commandant en second des Forces nucléaires chinoises, déclarait : «Nos force armées sont désormais capables de riposter avec des armes nucléaires de courte à longue portée ce qui renforce considérablement notre défense nationale et notre statut international.». La Chine dispose aujourd’hui d’un arsenal réduit mais crédible. Les estimations retiennent des chiffres compris entre 250 et 400 têtes nucléaires, incluant des armes non déployées. Elle a modernisé sa panoplie de missiles intercontinentaux (sol-sol) avec la mise en oeuvre du DF-31A qui peut couvrir la plus grande partie du monde incluant le territoire américain. Selon les prévisions du Département de la Défense, les capacités de frappes stratégiques des États- Unis par la Chine devraient progresser d’ici 2015. Le dernier Livre blanc sur la Défense chinoise consacre une large place aux forces nucléaires et pose quelques principes : le potentiel nucléaire chinois est partie intégrante des forces d’autodéfense pour la protection du territoire national (incluant Taïwan). L’arsenal nucléaire chinois est prévu pour être mesuré mais «suffisant». En réponse à une attaque, la Chine devrait mettre en oeuvre une doctrine politique de «dissuasion minimum», du type «faible au fort ». Elle pose clairement le refus de la première frappe nucléaire et la sanctuarisation des pays non nucléarisés. Elle affirme la volonté d’une prohibition et d’une élimination complète des armes nucléaires dans le monde.

INDE

L’INS Arihant, premier SNLE indien
L’INS Arihant, premier SNLE indien

Le 26 juillet 2009, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, assistait au lancement du premier SNLE de la marine indienne, l’lNS Arihant. Mis sur cale en 1998, ce bâtiment a été développé dans le cadre d’un projet connu sous l’appellation Advanced Technology Vessel. Il a été mis en oeuvre au chantier naval de Visakhapatnam, conjointement par la Marine indienne, le Bhabha Atomic Research Center (BARC) et le Defence Research and Development Organisation (DRDO), avec l’aide, semble-t-il, de la Russie, notamment pour la formation des équipages. Au 1er janvier 2011, l’INS Arihant poursuivait ses essais. Le 3 décembre 2010, l’amiral Nirmal Verma, commandant en chef de la Marine indienne, précisait au quotidien Indian Express que malgré quelques retards, il entrerait bien en service en 2012. Deux missiles équipés de têtes nucléaires sont en cours de développement pour les SNLE de la classe Arihant. Un missile balistique d’une portée de 700 km, le K-15 ou B-05, a été testé huit fois et en est au stade de la production en série. Un autre missile balistique, le K-4 d’une portée de 3500 km, n’a pour l’instant été testé qu’une seule fois et doit devenir opérationnel en 2017. Un deuxième essai du K-4 est prévu dans le courant du premier trimestre 2011.

"L’Inde possède l’arme nucléaire depuis 1974, bien avant le Pakistan, son ennemi héréditaire, qui la détient depuis 1998."

Doctrine d’emploi

bien avant le Pakistan, son ennemi héréditaire, qui la détient depuis 1998). Pour les différents gouvernements indiens qui se sont succédés depuis 1974, la possession de l’arme nucléaire est un atout essentiel pour affirmer et faire prévaloir la place de l’Inde, en tant que puissance, dans la communauté internationale. Le concept et la doctrine nucléaire de l’Inde sont officiellement les suivants : réaffirmation d’une dissuasion minimale «crédible » ; refus de la première frappe nucléaire ; menace de représailles «massives» en réponse à une première frappe ; non-utilisation des armes nucléaires contre les puissances non nucléaires ; option de riposte nucléaire contre les attaques biologiques ou chimiques ; adhésion à de strictes procédures de contrôle des exportations; engagement renouvelé en faveur de la maîtrise des armements par une participation aux négociations du Traité sur l’interdiction de la production des matières fissibles (Traité «Cut-off») ; maintien du moratoire national sur les essais ; soutien appuyé au désarmement universel.

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