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Un nouveau TRAMP
le 23 Janvier 2012

Cargo Maudit, Tramp
Cargo Maudit, Tramp

Cargo Maudit, c’est le titre du nouvel album de Tramp, une série de bande dessinée prisée de tous les férus d’aventures et de mer. Un one shot (dans le jargon de la profession) rompant avec les précédents albums, dixit son dessinateur. Et dire qu’il va falloir patienter jusqu’au 9 mars prochain, date de la parution du dixième tome de ce thriller maritime à chaque fois haletant. Entretien exclusif avec Patrick Jusseaume, un artiste passionné par les océans, les marins, les escales et l’aventure…

Patrick Jusseaume, pourquoi s’atteler à un one shot ?

Cet album rompt avec le tempo Indochinois dont le thème a un caractère historique. Là, nous abordons le thème policier. L'écriture du scénario s'en trouve, je l'imagine, modifiée. Puis après cette courte « pause - escale » car la vie de marin c’est d'être en mer, nous repartirons vers des océans plus lointains et plus chauds. Donc pour un nouveau cycle. Sur un autre tempo...

Cargo Maudit, Tramp
Cargo Maudit, Tramp

Quel est l'intérêt de cette nouvelle intrigue ?

Changer de registre scénaristique, renouveler l'intrigue. Le quotidien à bord d'un navire est furieusement répétitif ! Il faut presque systématiquement tenir  compte du fait que les ouvertures scénaristiques peuvent plus aisément venir de l'extérieur.

Avez-vous travaillé sur de nouvelles sources d'inspirations ?

En premier lieu, la source d’inspiration récurrente, est le dépaysement, fondamental dans l’univers des marins, au gré de la chronologie des cycles. Il n’y a pas de co-écriture dans notre collaboration avec Jean-Charles. Il suit les inspirations que peut lui apporter chaque escale, j’imagine !

Cargo Maudit, Tramp
Cargo Maudit, Tramp


Et puis,  entre le ciel et la mer, le temps ne s’écoule plus de la même manière !

La Marine nationale m’invite maintenant à naviguer au moins une fois par an, grâce à Pascal Subtil, officier de communication, entre autres. J’ai donc découvert la vie à bord des voiliers et des « bateaux gris ». Le rythme de vie d’un terrien n’a pas grand chose à voir avec celui d’un marin. Sinon, pour cet album plus précisément, il m’a fallu chercher des décors urbains.

Retrouver l’ambiance normande de cette ville portuaire. Il faut y ajouter un aspect social, ainsi que son contexte : On sortait de la guerre. Le confort social de cette époque n’était pas le même, ni probablement les priorités.

Thriller maritime, Tramp est une série délicieusement surannée …

Une époque. Une façon de vivre … notre jeunesse ? Il faut aussi ajouter que c’était l’âge d’or de la marine marchande. De vrais équipages. Le téléphone portable n’existait pas.

Quand un marin devenait papa, il devait souvent attendre que la bonne nouvelle arrive par courrier, la veille, au port d’escale annoncé du lendemain.

Et bien souvent, m’a-t-on dit, le courrier n’arrivait que le lendemain du départ. De sorte que le papa apprenait véritablement la naissance à l’arrivée. Encore une fois, la notion de temps était différente. Les sentiments de solitude et d’éloignement étaient palpables.

Le voyage était long ! Il me semble, pour l’avoir constaté à bord de bâtiments de la Marine, que le sentiment d’éloignement est resté incompressible encore aujourd’hui.

Dès que le navire aborde une zone côtière, les marins essaient tous leur portable pour tenter de capter une réception. Assis sur le pont à l’abri d’une poupée de treuil pour se protéger du vent ils essaient de retrouver le contact de l’être cher.

Cargo Maudit, Tramp
Cargo Maudit, Tramp

Votre public n’est-il constitué que de connaisseurs ?

- Non ! Néanmoins, nous sommes présents dans les carrés à bord. Ce qui veut dire que nous sommes crédibles, tout de même ! Et puis il y a tous les terriens pour qui la mer est le symbole d'une sorte de nomadisation. Partir c'est quitter ses repères. Changer de coutumes...

Pour conclure, j'ai envie de citer Théodore Monod* : « En mer comme au désert, vivre c'est avancer sans cesse, à travers un décor à la fois  immuable et changeant, identique à l'œil et que l'on ne saurait différent sans le témoignage du sextant, de la montre et de la boussole, c’est s'aventurer comme à tâtons sous les plus éclatants soleils, savourer l'amertume de se sentir en pleine marche, prisonnier d'un espace pourtant sans barreaux et plus étroitement confiné en cette libre immensité qu'au plus étroit des cachots qui, lui, du moins, à une porte »

 

* : Méharées de Théodore Monod (J’ai lu)

 


EN SAVOIR +

Le site officiel de Patrick Jusseaume : http://www.jusseaume.fr/

VIDEOS

L’interview de Patrick Jusseaume


Interview Patrick Jusseaume Partie 1 par lauriannevayra


Interview Patrick Jusseaume Partie 2 par lauriannevayra

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