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Le point sur le blocus du détroit d’Ormuz

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Paris (France), 31 mars 2026 (AFP) – Voici les principaux faits et chiffres concernant le blocage du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pratiquement paralysée par la guerre au Moyen-Orient.

En temps de paix, environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par ce passage.

La guerre a éclaté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à bombarder l’Iran, poussant Téhéran à riposter par des frappes dans toute la région et à restreindre fortement l’accès au détroit.

Trois bateaux chinois sont passés

Pékin a indiqué mardi que trois bateaux chinois avaient franchi récemment le détroit d’Ormuz et a exprimé sa « gratitude » envers les parties impliquées, sans préciser de qui il s’agissait.

Au moins deux porte-conteneurs appartenant à Cosco, le géant chinois du transport maritime qui avait suspendu ses services vers et en provenance du Golfe début mars, ont franchi avec succès le détroit lundi, selon des données du site spécialisé Marine Traffic.

Un troisième navire, un pétrolier chimique battant pavillon de Hong Kong, l’a traversé le 25 mars, naviguant d’est en ouest, selon la plateforme de suivi maritime Kpler.

Seulement 200 passages en un mois selon Kpler

À la date de mardi à 07H00 GMT, depuis début mars, seuls 201 navires de transport de marchandises, dont 121 transportant du pétrole ou du gaz, ont emprunté le détroit, selon la société d’analyse maritime Kpler.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit a chuté d’environ 95%, selon Kpler.

Selon cette société spécialisée, dix-sept navires de marchandises ont traversé le détroit au cours du week-end, dont douze samedi, faisant de cette journée l’une des plus chargées en nombre de traversées depuis le 1er mars.

Selon le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le détroit d’Ormuz est « fermé uniquement aux ennemis ».

2.500 navires dans le Golfe

Selon des données de Bloomberg mardi, 2.459 navires ont émis des signaux de transpondeur dans le Golfe, à l’ouest du détroit d’Ormuz, au cours de la journée écoulée.

Parmi eux, 362 étaient des navires transportant du pétrole et du gaz, dont 11 méthaniers de très grande capacité et 60 pétroliers de très grande capacité.

L’Iran approuve un projet de péage

Une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par le détroit stratégique d’Ormuz, ont rapporté lundi des médias d’État.

Ce projet inclut en outre « l’interdiction de passage pour les Américains et le régime sioniste » (Israël), ainsi qu’une interdiction pour d’autres pays imposant des sanctions à l’encontre de l’Iran.

Mardi, le ministre malaisien des Transports Anthony Loke a affirmé que les pétroliers malaisiens autorisés à traverser seraient exemptés de paiement.

Route approuvée par l’Iran

Les passages récents semblent avoir notamment utilisé une route qui semble approuvée par l’Iran autour de l’île de Larak, au large des côtes du pays.

Au moins 34 navires ont été suivis dans ce corridor, expliquait la semaine dernière le site maritime Lloyd’s List.

Huit travailleurs de la mer tués

Depuis le début du conflit le 28 février, au moins huit marins ou dockers ont été tués dans des incidents survenus dans la région, selon l’Organisation maritime internationale (OMI).

Quatre autres sont portés disparus et dix ont été blessés. Environ 20.000 marins sont coincés sur 3.200 navires dans la région.

L’OMI a réclamé mi-mars la création d’un couloir maritime pour évacuer les navires bloqués, en vain.

Navires sanctionnés

Depuis le début de la guerre, 44% des traversées ont été effectuées par des navires sous le coup de sanctions américaines, européennes ou britanniques, selon une analyse de l’AFP basée sur les données de passage.

Parmi les traversées réalisées par des pétroliers et des transporteurs de gaz, 60% l’ont été par des navires sanctionnés.