Le commerce du poisson et des fruits de mer représente désormais 184 milliards de dollars, selon le rapport « Etat mondial des pêches et de l’aquaculture » de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), présenté lors de la conférence « Notre Océan ».
L’aquaculture a dépassé la pêche traditionnelle comme source de production alimentaire en 2021 et a continué de croître, franchissant pour la première fois la barre des 100 millions de tonnes en 2024, dernière année pour laquelle des données sont disponibles.
L’aquaculture représente la moitié de la production du poisson consommée par l’humanité.
Cependant, l’Afrique est à la traîne par rapport au reste du monde : seulement 18% de son poisson provient de l’aquaculture.
La production de poisson en Afrique subsaharienne devra augmenter de 68% d’ici à 2050 pour suivre le rythme de la croissance démographique rapide du continent, selon la FAO.
« L’aquaculture peut véritablement changer la donne », souligne à l’AFP le directeur de la division des pêches de l’organisation onusienne, Manuel Barange.
« Mais cela dépendra de si le rythme est suffisamment rapide pour répondre à la demande », affirme-t-il.
M. Barange appelle les gouvernements à mettre en place d’urgence des réglementations et des incitations pour attirer les investisseurs.
Plus de 700 espèces de poissons différentes sont élevées pour la consommation dans des fermes aquacoles à travers le monde, et la FAO assure qu’il s’agit d’une approche plus prévisible et durable que la pêche traditionnelle en mer.
En outre, elle est plus facile à gérer face au changement climatique, qui entraîne des modifications rapides des volumes et de la répartition des poissons océaniques.
Des efforts supplémentaires sont également nécessaires pour réduire la surpêche : le rapport indique que seulement 62% des pêcheries mondiales sont exploitées de manière durable.
La 11e édition de la Conférence « Notre Océan » s’est ouverte mardi dans la ville portuaire kényane de Mombasa (est).
Organisée pour la première fois en Afrique, elle a réuni des personnalités politiques, des ONG, des investisseurs et des innovateurs.
Depuis sa création en 2014, les organisateurs se félicitent d’avoir facilité plus de 2.900 engagements, d’une valeur de plus de 169 milliards de dollars, dans les domaines de la conservation marine, de la pêche durable, de l’adaptation au changement climatique, de la sécurité et de la réduction de la pollution.