« C’est énorme ce qu’on est en train de faire », s’est émue auprès de l’AFP, Estelle Prudent, artiste et activiste de la cause LGBTQ+ qui co-organisatrice l’événement aux côtés de plusieurs associations guadeloupéennes.
De précédentes tentatives n’avaient pas abouti pour des raisons de calendrier ou d’autorisations diverses. « Il y a des prides partout dans le monde, on s’est dit, pourquoi pas ici : il était temps que ça arrive aussi en Guadeloupe », relève de son côté Leila Ternon, également co-organisatrice de l’événement.
Sur place, un char fleuri diffuse de la musique, avant de s’élancer pour un petit parcours dansant dans les rues du chef-lieu guadeloupéen de Basse-Terre, pour la plus grande joie des centaines de participants, heureux de se rendre visibles. « On a envie de dire qu’on existe qu’on est là, et qu’on doit être respecté », martèle Jay Baramble, de l’association Trans Action.
« Je suis en vacances en Guadeloupe, mon territoire d’origine dont j’ai dû m’éloigner en raison de mon orientation sexuelle : c’est important pour moi de m’y sentir connectée », explique à l’AFP Naëlyne, une jeune trentenaire qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.
L’archipel est réputé pour son conservatisme sociétal, comme dans beaucoup de territoires des Caraïbes où l’homosexualité est parfois encore criminalisée.
Pour les organisateurs, cette première marche des fiertés réussie est un comme un « acte fondateur » d’une communauté, « qui en a marre de se cacher ».