Le contexte régional
Un total de 14,95 millions de barils par jour (mb/j) de pétrole brut a été exporté via le détroit d’Ormuz en 2025, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
L’Iran a exporté environ 1,69 mb/j et devrait continuer à long terme à transiter par Ormuz puisqu’il a pris le contrôle de ce passage stratégique, a souligné auprès de l’AFP Andrew Wilson, directeur de la recherche chez le courtier maritime BRS.
« L’Iran va juste produire autant qu’il peut et expédier autant qu’il peut vers la Chine. Ce n’est vraiment pas un problème », anticipe-t-il.
Sur les 13,26 mb/j restants, jusqu’à 11,5 mb/j pourraient à terme être réacheminés en maximisant la capacité existante des oléoducs et en achevant les projets en cours, selon les annonces officielles et des experts du secteur.
Arabie Saoudite
Avant le conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran, l’Arabie Saoudite acheminait environ 2 mb/j de brut par l’oléoduc est-ouest reliant Abqaiq, près du Golfe, au port de Yanbu sur la mer Rouge, selon l’AIE.
Le géant pétrolier Aramco avait annoncé en mars 2025 avoir augmenté la capacité de l’oléoduc à 7 mb/j, ce qui lui a laissé 5 mb/j de capacité disponible pour réacheminer du brut qui transitait auparavant via Ormuz.
Ryad projette une augmentation supplémentaire allant jusqu’à 2 mb/j, selon l’Institute for Energy Research (IER), basé aux États-Unis, indiquant qu’il n’est « pas clair » si cela impliquerait une modernisation de la conduite existante ou la construction d’un oléoduc parallèle.
Le projet pourrait potentiellement être réalisé d’ici 2030-2031, a précisé Andrew Wilson à l’AFP.
Émirats arabes unis
Avant le conflit, les Émirats arabes unis (EAU) exportaient environ 1,1 mb/j par l’oléoduc qui relie les champs pétroliers de Habshan, dans l’ouest, au port de Fujairah sur le golfe d’Oman, au sud du détroit d’Ormuz.
La capacité de cet oléoduc est estimée par l’AIE à 1,8 mb/j, ce qui laisse une marge de 0,7 mb/j.
Les EAU ont annoncé en mai qu’ils allaient accélérer la construction d’un second oléoduc, qui serait parallèle au pipeline existant avant d’aller jusqu’à la côte nord du pays.
Ce projet qui permettrait d’éviter le détroit et doublerait la capacité d’exportation via le port de Fujairah devrait entrer en service l’année prochaine, selon les autorités d’Abou Dhabi.
Irak
Le département d’État américain a annoncé mi-juillet un accord entre l’Irak et la Syrie visant à remettre en état un oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies. Il doit permettre de relier la production pétrolière irakienne aux marchés d’exportation méditerranéens et au-delà.
Les États-Unis ont indiqué diriger un consortium international pour mettre en oeuvre les aspects techniques et financiers de ce projet d’une capacité de transport initiale de 2 mb/j.
Aucun calendrier n’a cependant été annoncé et le projet pourrait être retardé par des obstacles politiques et financiers, a souligné Andrew Wilson.
Koweit et Bahreïn
Ni le Koweit ni Bahreïn n’ont actuellement de pipeline permettant d’éviter le détroit d’Ormuz.
Cependant, tous deux ont récemment eu des discussions avec l’Arabie saoudite sur la possibilité de se connecter à ses oléoducs, selon l’IER.