marine ocean logo
Actualités en direct (AFP)

L'Ukraine demande une "réponse forte" à "l'acte d'agression" de la Russie


Milan, 6 déc 2018 (AFP) -

Le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a demandé jeudi une réponse "rapide et forte" de la communauté internationale face à "l'acte d'agression" commis par la Russie à l'encontre de son pays, le 25 novembre dans le détroit de Kertch.

"C'est le cinquième conseil ministériel consécutif durant lequel l'ordre du jour de l'OSCE est dominé par le comportement déstabilisant de la Russie. Ceci représente une menace majeure pour la sécurité européenne", a-t-il dit lors d'une réunion de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Milan (Italie).

"Cette année, la Russie ne s'est pas retirée, mais a au contraire étendu son action agressive", a-t-il dit.

La Russie a arraisonné le 25 novembre trois navires de guerre ukrainiens qui tentaient de pénétrer de la mer Noire dans celle d'Azov et capturé les 24 marins à leur bord.

Il s'agissait de la première confrontation militaire ouverte entre Moscou et Kiev depuis l'annexion en 2014 par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée et le début la même année d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine entre forces gouvernementales et séparatistes prorusses.

M. Klimkine a souligné qu'il revenait aux Nations Unies "de fournir une réponse internationale rapide et forte pour répondre à cet acte d'agression".

"Les déclarations ne sont pas suffisantes, il faut des actes", car les actions de la Russie "menacent la stabilité" de la région, a-t-il lancé.

Le chef de la diplomatie ukrainienne a "demandé à la Russie la libération immédiate (des marins) et leur retour en Ukraine", une demande également faite par la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le secrétaire d'Etat adjoint américain pour les Affaires européennes et eurasiennes, Wess Mitchell.

M. Mitchell a dénoncé "la dangereuse escalade" de la Russie vis-à-vis de l'Ukraine, pays dont il "nie l'intégrité".

"La Russie a violé les lois internationales", a-t-il fustigé, en soulignant que les Etats-Unis ne reconnaîtraient jamais l'annexion de la Crimée.

"Il est temps pour la Russie de repenser son approche, de respecter les lois internationales, de respecter ses engagements et d'être un membre de la communauté des nations civilisées", a-t-il conclu.

Mme Mogherini a souligné pour sa part que les tensions "en mer d'Azov étaient une source de grande préoccupation". Elle a appelé à "la plus grande modération et de procéder à une désescalade".

Un premier signe de détente est apparu mardi, l'Ukraine annonçant le déblocage partiel par la Russie de l'accès à la mer d'Azov, au coeur d'un bras de fer entre les deux pays.

Mais le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dénoncé "le comportement de l'Ukraine", notamment en ce qui concerne la langue russe, qu'il n'est plus possible selon lui d'utiliser dans ce pays.

"Aspirant à la prédominance, un petit groupe de pays recourt au chantage, à des pressions et des menaces, n'hésite pas à s'ingérer grossièrement dans les affaires intérieures. Le soutien accordé au coup d'Etat en Ukraine est sans précédent", a-t-il par ailleurs dénoncé.

M. Lavrov a fait état d'une "crise de confiance en Europe Atlantique" née de "l'élargissement irréfléchi de l'Otan, (...) du déploiement des systèmes de défense anti-aérienne américains en Europe, des sanctions illégitimes sous prétextes inventés".

"De nouveaux risques se créent à cause le l'intention des Etats-Unis d'enterrer un autre accord international, concernant les missiles balistiques de portée intermédiaire", a-t-il encore dit.