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Croisières: le secteur s'engage à réduire de 40% ses émissions carbone d'ici 2030


Paris, 15 avr 2019 (AFP) -

L'industrie de la croisière a annoncé lundi qu'elle visait une réduction de 40% de ses émissions carbone d'ici 2030, notamment via l'entrée en service progressive de paquebots propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL).

L'Accord de Paris sur le climat de 2015 a introduit "un défi pour l'industrie de la croisière", a résumé Tor Christian Sletner, vice-président en charge des affaires gouvernementales de Clia Europe, lors d'une conférence de presse à Paris de l'association professionnelle Clia, qui regroupe la quasi-totalité des croisiéristes dans le monde.

"Nous sommes souvent accusés dans les médias d'être la cause du sur-tourisme, parce qu'on est visibles" en raison de la taille imposante des paquebots, surtout "quand tous les passagers descendent en même temps du bateau. Mais nous ne représentons que 5% des visiteurs de Venise ou Barcelone, le reste arrivant par avion notamment", a-t-il affirmé.

Il a annoncé que les membres de Clia - qui représente 95% des compagnies de croisière, soit près de 300 navires en circulation dans le monde - s'étaient engagés à "réduire de 40% leurs émissions de carbone d'ici 2030".

Un objectif qui n'est qu'une étape puisque le secteur ambitionne d'atteindre "zéro-émission d'ici la fin du siècle", a indiqué Tor Christian Sletner.

Cette réduction de l'impact environnemental se fera en partie via les paquebots propulsés au gaz naturel liquéfié (GNL), combustible qui évite presque entièrement l'émission de particules fines et d'oxydes de soufre, et permet également de réduire les émissions d'oxydes d'azote et de CO2.

Le premier paquebot navigant au GNL, l'Aida Nova, de la compagnie Aida (marque du groupe Costa Croisières) a pris la mer en décembre dernier depuis l'Allemagne, et fera escale le 25 avril à Marseille.

Près d'une vingtaine de ses navires au GNL sont actuellement en construction ou sur le point d'être mis à l'eau, comme le Costa Smeralda, qui comptera quelque 2.600 cabines et sera livré le 20 octobre à Marseille.

"Le GNL c'est très bien, mais il faut pouvoir s'approvisionner dans tous les ports", a tenu à souligner Erminio Eschena, pour lequel "un acteur seul ou une industrie seule ne réglèra pas le problème de la pollution, il faut que l'écosystème complet s'y mette", Clia réclamant notamment plus de pompes à GNL dans les ports.

L'an dernier, un total de 28,5 millions de personnes dans le monde ont effectué une croisière, soit une hausse de 6,7% en un an. Cette progression a atteint 3,3% en Europe, et 3,4% en France où le nombre de croisiéristes s'est établi à 520.800 en 2018.