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Avec la chaleur, les micro-algues, parfois toxiques, prolifèrent


Brest, 11 juil 2019 (AFP) -

Avec le soleil et la chaleur, les micro-algues, parfois toxiques, prolifèrent le long du littoral, depuis Sète jusqu'à Boulogne-sur-Mer en passant par la Bretagne, prévient jeudi l'Ifremer, à l'origine d'un bulletin d'information et d'alerte sur le phénomène.

Parmi ces algues invisibles à l'oeil nu, celles du genre dinophysis produisent des toxines diarrhéiques, induisant des risques sanitaires pour les consommateurs de coquillages, explique dans un communiqué l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.

D'autres micro-algues, du genre alexandrium ou pseudo-nitzschia, produisent des toxines amnésiantes ou paralysantes, précise à l'AFP Philippe Souchu, chercheur à l'Ifremer. "Mais les cas d'intoxication sont très rares", assure-t-il.

La présence de ces micro-algues, détectée grâce à un réseau de surveillance, peut ainsi entraîner des fermetures de zones conchylicoles.

D'autres micro-algues ne sont pas toxiques, mais leur prolifération "peut être problématique pour l'environnement, notamment l'été", assure l'institut dont le siège a été transféré de Paris à Brest en janvier.

Ce type de prolifération peut se traduire par une coloration vert fluo inhabituelle de l'eau. C'est par exemple le cas actuellement en baie de Vilaine, avec des nappes d'eau verte dues à la micro-algue Lepidodinium chlorophorum.

"Les activités humaines émettent des engrais dans les milieux aquatiques dont profitent les algues", qu'elles soient invisibles à l'oeil nu ou pas, explique Philippe Souchu, assurant que ces engrais sont issus de l'agriculture mais aussi des stations d'épuration ou encore des activités industrielles. Les algues profitent également des températures plus élevées.

Plusieurs baies bretonnes sont envahies d'algues vertes en ce début de saison estivale, tandis que nombre de plages normandes sont souillées depuis fin juin par des amas d'algues à l'odeur parfois infecte. Ces phénomènes se produisent alors que le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré dans le monde, notamment en raison d'une canicule exceptionnelle en Europe, appelée à se reproduire sous l'effet du réchauffement de la planète.