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Pressions à l'OMC pour interdire avant 2020 les subventions favorisant la surpêche


Genève, 8 oct 2019 (AFP) -

Des ONG et dirigeants ont appelé mardi les Etats à accélérer les négociations à l'OMC pour trouver un accord interdisant les subventions nocives à la pêche, évaluées à 22 milliards de dollars par an, avant la date butoir de 2020 fixée par l'ONU.

Ces pressions interviennent alors que les négociations sur le sujet piétinent à l'Organisation mondiale du commerce, les pays ne parvenant même pas à s'entendre sur la nomination d'un nouveau président du groupe des discussions, suite au départ en août du Mexicain Roberto Zapata Barradas.

L'appel est soutenu par l'envoyé spécial de l'ONU pour les océans Peter Thomson, par le célèbre documentariste naturaliste britannique David Attenborough et par la coalition Friends of Ocean Action, réunissant plus de 50 dirigeants issus d'ONGs, de la politique et des entreprises sous la bannière du Forum économique mondial.

Dans un communiqué, ils soulignent que ces aides publiques sont évaluées à 22 milliards de dollars par an (20 milliards d'euros) et que 85% de leur montant bénéficient aux grandes flottes industrielles.

Dans un message vidéo, retransmis mardi au cours de débats à l'OMC sur les subventions à la pêche, David Attenborough a expliqué que ces fonds "permettent aux bateaux de continuer à pêcher même là où il reste trop peu de poissons pour que la pêche soit rentable".

"Mais tout n'est pas perdu, nous pouvons renverser la situation dès maintenant", a-t-il ajouté.

Les discussions à l'OMC sur les subventions à la pêche remontent à une vingtaine d'années. Elles ont été particulièrement actives au cours de la période 2005-2011, sans toutefois aboutir. L'effort a été relancé après l'adoption par les dirigeants mondiaux des Objectifs de développement durable (ODD) de l'ONU en septembre 2015.

Un des ODD fixe en effet à 2020 le délai pour éliminer les subventions qui contribuent à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) et pour interdire certaines formes de subventions qui contribuent à la surcapacité et à la surpêche, en prévoyant un traitement spécial et différencié des pays en développement et des pays les moins avancés.

La plupart des ces subventions sont distribuées par "la Chine, l'UE, la Corée du Sud et le Japon", a détaillé à l'AFP Rémi Parmentier, conseiller du groupe Friends of Ocean Action.

La conclusion d'un accord a échoué lors de la 11e Conférence ministérielle de l'OMC à Buenos Aires fin 2017, l'ONG Bloom imputant cet échec à l'Inde, hostile à toute mesure contraignante.

Plusieurs modèles d'accord sont sur la table des discussions actuellement à l'OMC, dont un présenté par l'UE, un par les Etats-Unis et un par le Brésil.

Selon l'ONU, la proportion des stocks de poissons exploités à un niveau biologiquement durable a chuté de 90% en 1974 à 66,9% en 2015.