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La marine allemande opte pour un consortium européen pour ses frégates


Berlin, 14 jan 2020 (AFP) -

La marine allemande va confier à un consortium européen mené par les chantiers navals néerlandais Damen, et incluant une filiale du français Thales, la construction de ses futures frégates pour un montant record de plus de 5 milliards d'euros, a annoncé Berlin mardi.

Ce choix, qui doit encore être validé par les députés, risque de provoquer une levée de boucliers dans le pays, notamment car il a écarté le consortium concurrent allemand mené par Thyssenkrupp.

"Damen Schelde Naval Shipbuilding B.V. a remporté l'appel d'offres", a annoncé le ministère de la Défense dans un court communiqué, tout en précisant que toutes les parties pouvaient encore "effectuer un recours".

En tout, ce sont quatre frégates "MKS 180", des navires de combat polyvalent, qui devront être livrées pour un budget d'environ 5,27 milliards d'euros. Il s'agit de la plus grande commande navale de ce type dans l'histoire de l'armée allemande, la Bundeswehr.

Damen travaillera avec le chantier naval Blohm&Voss de Hambourg, où seront en partie construits les navires, ainsi que la filiale de Thales aux Pays-Bas.

Le groupe néerlandais s'est dit dans un communiqué "extrêmement fier et satisfait" de cette décision, qui permet d'aller dans le sens de "la coopération européenne (en matière d'équipements de défense) demandée" par les responsables politiques.

Cependant, ce choix pour une entreprise étrangère passe mal en Allemagne, où Thyssenkrupp, déjà en grandes difficultés, était jusqu'à présent le partenaire historique de l'armée allemande.

Le syndicat du secteur IG Mettal a critiqué cette décision tout en exigeant du gouvernement allemand qu'il s'assure que les frégates soient entièrement construites dans le pays.

Damen a, pour sa part, assuré qu'environ 80% de tous les investissements nets resteront en Allemagne en tant que valeur ajoutée. Les navires y seraient entièrement construits.

Ce contrat avait fait l'objet d'un appel d'offres européen en 2015, lorsque Ursula von der Leyen était encore ministre de la Défense.

Ces navires sont censés pouvoir couvrir l'ensemble des missions et des tâches de la marine, notamment en assurant la défense contre les attaques aériennes, sous-marines et terrestres. Ils pourront aussi, si nécessaire, évacuer les citoyens allemands de pays en situation de crise.

La marine allemande souffre actuellement, comme l'ensemble de la Bundeswehr, d'une pénurie de matériel et de personnel. En manque d'investissements chroniques ces dernières années, de nombreuses frégates et sous-marins sont devenus obsolètes ou ne sont pas opérationnels.

dac/ylf/cj

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