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Attentat islamiste dans une base américaine: les familles de victimes attaquent Ryad


Washington, 22 fév 2021 (AFP) -

Les familles des victimes de l'attentat perpétré par un militaire saoudien dans une base militaire de Floride en 2019 ont porté plainte contre l'Arabie saoudite pour sa responsabilité présumée dans l'attaque, ont annoncé lundi leurs avocats.

Pour les plaignants, le royaume saoudien ne pouvait ignorer la radicalisation du sous-lieutenant Mohammed al-Shamrani, 21 ans, qui avait ouvert le feu le 6 décembre avec une arme de poing dans une salle de cours de la base de l'US Navy à Pensacola, faisant trois morts et huit blessés avant d'être abattu par la police.

Shamrani "est présumé avoir fait l'objet d'une enquête approfondie en rejoignant l'armée de l'Air royale saoudienne et, à ce moment-là, l'Arabie saoudite avait connaissance de (sa) radicalisation et de ses sentiments anti-américains, qui étaient publiquement associés avec un compte Twitter à son nom", expliquent dans un communiqué les avocats.

Après son entrée dans l'armée en 2015, il avait régulièrement propagé sur les réseaux sociaux "une idéologie fondamentaliste radicale". Il était suivi par des citoyens saoudiens, membres du gouvernement et de l'armée de l'air, "qui ont lu et commenté les messages radicaux" du militaire, ont-ils ajouté.

Malgré ses messages, il avait été choisi parmi des centaines de cadets de l'académie militaire pour l'obtention d'une bourse afin de participer à une formation aux Etats-Unis et "sa nomination avait été envoyée à la chaîne de commande" du ministère saoudien de la Défense.

Les avocats estiment également que le roi Salmane d'Arabie et son fils, le prince héritier Mohammed ben Salmane, ont "refusé de tenir leur promesse" envers les familles des victimes après avoir assuré à Donald Trump, alors président américain, qu'ils "prendraient soin" de ces familles.

L'Arabie saoudite, un proche allié de Washington, s'était empressée de prendre ses distances avec le tireur et avait condamné un crime "abominable".

Mais le FBI a déterminé que le militaire était radicalisé depuis au moins 2015 et que son attaque était "le résultat d'années de planification et de préparation".

La fusillade avait été revendiquée par le groupe Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), avec qui le tireur avait été en contact jusqu'à la veille de l'attaque.

Pour certains experts, l'attaque était la première menée aussi étroitement avec Al-Qaïda sur le sol américain depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Après cet attentat, Washington avait annoncé le renvoi de 21 militaires saoudiens en formation aux Etats-Unis qui avaient publié des "contenus offensants", "jihadiste ou anti-américain" sur les réseaux sociaux, ou possédaient des contenus "pédophiles".

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