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Poursuite de la grève des marins CGT de la SNCM et de La Méridionale


MARSEILLE, 7 mai 2012 (AFP) -

La grève des marins CGT de la SNCM et de La Méridionale (ex-CMN), qui réclament l'application des mêmes lois sociales pour toutes les compagnies de navigation assurant les liaisons Corse-continent, a été reconduite lundi, a-t-on appris de source syndicale et auprès des directions.

Selon Frédéric Alpozzo, délégué CGT à la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), l'assemblée générale a voté "à l'unanimité" la poursuite de la grève, déclenchée le 2 mai et qui bloque à quai tous les navires.

La CGT exige que les navires de la société privée Corsica Ferries, battant pavillon italien et dont les équipages sont multinationaux, soient inscrits, comme ceux de la SNCM et de La Méridionale, au premier registre maritime prévoyant l'application des lois sociales françaises.

Une délégation syndicale s'était entretenue vendredi dernier avec le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, après le dépôt le 22 mars au Sénat d'une proposition de loi communiste prévoyant l'imposition du pavillon premier registre à toutes les compagnies.

La CGT, qui avait écrit à François Hollande pour connaître sa position sur cette proposition de loi, a indiqué que le porte-parole du PS, Benoît Hamon, s'était "clairement prononcé en faveur de l'adoption" de celle-ci.

Le syndicat réclame désormais des engagements écrits. Il a été reçu lundi à la fédération PS à Marseille, qui a promis de transmettre le message au niveau national.

"Maintenant que le président des injustices est parti, nous attendons que le président de la justice la rende", a déclaré M. Alpozzo, craignant un "nouveau plan social annoncé pour septembre à la SNCM, avec un scénario à la SeaFrance", la société de ferries liquidée le 9 janvier.

Dans une "lettre ouverte aux responsables de la CGT des marins de Marseille", le comité de direction de la compagnie a dénoncé leur "logique de destruction manifestement jusqu'au-boutiste".

Il a qualifié cette nouvelle grève "d'une petite minorité" (150 personnes sur 1.700), qui a "l'arrogance de bloquer toute la compagnie", d'"insulte aux salariés" et de "crachat au visage (de ses) clients insulaires, transporteurs en particulier".

Selon la direction, la compagnie a perdu en six jours de grève "17.000 passagers et plus de 1.100 remorques, ce qui représente une perte de 1,8 million d'euros" au profit de son principal concurrent, Corsica Ferries.

"Ce mouvement est un magnifique cadeau fait à notre principal concurrent" et "mène la compagnie à une voie sans issue", poursuit la direction dans sa lettre.

"Pour satisfaire aux ambitions personnelles politico-syndicales d'un petit groupe, vous mettez la compagnie en danger", dit-elle. "Il n'y a aucune négociation possible sur les revendications que vous portez et donc pas de sortie positive possible de ce conflit qui n'a rien d'interne", a-t-elle ajouté.

Pour la direction, "ce mouvement est un sabotage pur et simple du travail mené (...) pour renouveler la délégation de service public (avec la Collectivité territoriale de Corse qui ne s'est pas exprimée, ndlr) et préparer notre avenir".