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Les députés européens en faveur de tribunaux spéciaux pour les pirates


BRUXELLES, 10 mai 2012 (AFP) -

Les députés européens ont appelé jeudi l'UE à renforcer ses moyens de lutte contre la piraterie maritime, notamment par la mise en place de tribunaux spéciaux pour juger les pirates somaliens.

"La piraterie maritime au large des côtes d'Afrique de l'Est ne peut être vaincue par les seuls moyens militaires", affirment les députés dans une résolution adoptée à une très large majorité.

Ils réclament que la communauté internationale ait "une approche globale", qui implique notamment de se doter d'"une plus grande capacité judiciaire et la mise en place de tribunaux spécialisés dans la lutte contre la piraterie dans la région".

Car, selon eux, "la persistance de limpunité pour les actes de piraterie constitue un obstacle à la dissuasion".

Le Parlement européen relance ainsi le débat sur l'opportunité de créer un ou plusieurs tribunaux spécialisés l'Etat somalien n'ayant pas les moyens de juger les pirates. Des procès de pirates se sont déroulés ces derniers mois dans plusieurs pays européens (Pays-Bas, France, Allemagne, Belgique, etc.) mais leur effet de dissuasion est de ce fait très limité auprès de la population somalienne.

La mise en place d'un tribunal extraterritorial avait été évoquée par Jack Lang, ancien ministre français et conseiller de l'ONU pour la lutte contre la piraterie.

Les députés européens estiment par ailleurs "nécessaire" de lutter davantage "contre le blanchiment des sommes recueillies par les pirates".

Ils appellent en outre à "l'élaboration d'une stratégie de l'UE visant à harmoniser les règles sur l'utilisation croissante de personnel agréé armé à bord des navires marchands".

De plus en plus d'armateurs embarquent sur leurs navires des hommes armés, qui ont démontré leur efficacité puisque aucun de ces bateaux n'a été capturé par des pirates en 2011, selon le Bureau maritime international (BMI).

En mars, les ministres européens avaient autorisé les forces de la mission de lutte contre la piraterie Atalante déployée dans l'océan Indien à recourir à des "mesures plus énergiques", notamment des frappes, dans des conditions définies, contre les repaires des pirates sur les côtes.