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Mise à l'eau de la première pénichette solaire pour particulier


TOULOUSE, 11 mai 2012 (AFP) -

Gladys, première pénichette française pour particulier propulsée à l'énergie solaire, a été mise à l'eau vendredi sur le Canal du Midi à Toulouse, a constaté un journaliste de l'AFP.

Voulu par un jeune retraité toulousain de 63 ans, Jean-Alain Sarrado, le bateau ne rejette de plus aucune eau usée.

Son coût constitue toutefois un obstacle de taille à une expansion rapide: 170.000 euros, soit 70.000 euros de plus qu'une pénichette standard équivalente, à propulsion diesel et rejetant ses eaux usées dans l'eau.

"On a fait du sur mesure. Il faudrait une standardisation, mais cela prendra encore quatre à cinq ans", estime son constructeur, l'architecte naval Claude Philippe, patron du petit chantier CNA de Quimperlé (Finistère) qui produit depuis 29 ans environ cinq bateaux par an avec cinq salariés. Et lui-même n'est pas tenté par le saut dans l'industrialisation.

Actuellement, seules quelques péniches ou bateaubus à moteur électrique naviguent déjà, ou s'apprêtent à le faire, telle la grosse gabarre qui doit promener cet été les touristes sur le Lot autour de Puy-L'Evêque (Lot).

M. Sarrado, qui a baptisé son bateau Gladys, fêtée le jour où cet animateur socioculturel de la mairie de Toulouse a pris sa retraite il y a un peu plus d'un an, dit "pratiquer le développement durable depuis 40 ans" mais n'a pas de projet de valorisation de son idée.

"J'y ai mis mes économies, c'est ma plus belle danseuse, c'est ma maison, un T2 de 44 m2. Je voulais l'autonomie électrique, je voulais rendre au canal une eau plus propre que celle que je pomperais, je cherchais un produit totalement français ", déclare-t-il, au moment où un camion-grue dépose délicatement dans le bassin le bateau de 15 mètres sur 4, pesant 12 tonnes.

Gladys n'est française "qu'à 95%", admet-il. Pour les toilettes, il a utilisé le procédé du finlandais Villa qui "déshydrate les matières et permet de les stocker plus de quatre mois sans nuisance avant de les mettre à la poubelle ou les destiner aux engrais".

Les "eaux grises" (vaisselle, douche) sont filtrées et leurs résidus boueux ne sont portés aux stations spécialisées que tous les deux ou trois mois. Quant à l'eau pompée dans le canal, elle est potabilisée.

25 panneaux photovoltaïques français (Aperam à Belfort) alimentent des batteries à gel servant de relais vers l'installation électrique résidentielle et vers le moteur fourni par Leroy-Somer. "Grâce aux batteries, j'aurai plusieurs jours d'autonomie, même sans soleil", estime M, Sarrado.

"Pas besoin de me brancher à l'électricité ou à l'eau d'un port, je n'aurai pas besoin d'anneau d'amarrage, j'aurai juste à payer la vignette de Voies Navigables de France (environ 430 euros par an) pour parcourir l'Europe" ajoute-t-il.

VNF salue l'initiative: "l'électrique est tout à fait adapté au fluvial et nous militons pour l'utilisation écologique de la voie d'eau, il faudrait maintenant une volonté des acteurs économiques pour créer une vraie filière du tourisme écologique, au-delà des bonnes volontés individuelles", a déclaré son responsable régional, Jacques Noisette.

APERAM