marine ocean logo
Actualités en direct (AFP)

Bretagne : manifestation contre un projet d'extraction de sable en mer


Trebeurden, 13 mai 2012 (AFP) -

Entre 3.000 et 4.000 manifestants, selon les gendarmes et les organisateurs, se sont rassemblés dimanche sur une plage de Trebeurden (Cotes d'Armor) pour protester contre un projet d'extraction de sable coquillier en baie de Lannion, a constaté l'AFP.

Les manifestants avaient répondu à l'appel du Collectif du peuple des dunes en Trégor, qui regroupe une quarantaine d'associations et des marins-pêcheurs.

Ce collectif s'oppose à un projet de la Compagnie armoricaine de navigation (CAN), qui a déposé un permis minier pour extraire 400.000 m3 de sable par an sur un site de quatre kilomètres carrés, à environ 7 km de la côte.

"On ne s'oppose pas à l'extraction par principe, on demande à l'exploitant d'aller plus au large car les conséquences pour l'écosysteme, sur un site entouré de deux zones Natura 2000, seront importantes", a déclaré à l'AFP Alain Bidal, porte-parole du collectif.

Selon les opposants, ce projet mettrait en danger l'activité de plusieurs dizaines de pêcheurs car la zone d'extraction "est un refuge pour les lançons, poisson fourrage pour beaucoup d'espèces comme le bar et le lieu".

En marge du rassemblement, des pêcheurs professionnels, des plaisanciers, des membres de clubs de plongée et des kayakistes ont manifesté à bord de leurs embarcations, au large de la plage.

Le projet d'extraction est également critiqué par Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui gère la réserve ornithologique des Sept-Iles, proche de la zone d'extraction. "Les biologistes de la réserve n'ont même pas été consultés pour mesurer l'impact d'une telle exploitation", a-t-il regretté lors de la manifestation.

Le rassemblement était soutenu par les élus de l'agglomération Lannion-Trégor, dont les conseils municipaux ont voté contre le projet. "Notre région a déjà subi des pollutions, des marées noires, ça suffit, pas question de créer un nouveau problème", a souligné Joël Lejeune, son président.

Contactée, la Compagnie armoricaine de navigation a expliqué que son projet consistait à fournir aux agriculteurs et aux maraîchers des amendements de calcaires marins "moins nocifs que les engrais chimiques".