marine ocean logo
Actualités en direct (AFP)

L'Europe va revoir à la baisse son objectif d'une pêche durable d'ici 2015


BRUXELLES, 14 mai 2012 (AFP) -

L'Europe va devoir revenir sur son objectif de parvenir à une exploitation durable de ses ressources halieutiques d'ici 2015, ont constaté lundi les ministres européens de la Pêche lors d'une réunion à Bruxelles.

"Il est clair que tous les Etats soutiennent une pêche durable", a souligné la ministre danoise de l'Agriculture et de la Pêche, Mette Gjerskov, dont le pays préside l'UE. "Mais il sera difficile de parvenir à un accord sur un rendement maximum durable d'ici 2015 pour toutes les espèces", a-t-elle résumé lors d'un point de presse.

Ce niveau de rendement maximum durable correspond au maximum de ressources halieutiques que les pêcheurs sont en mesure prélever sans mettre en danger une espèce.

La Commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, qui avait proposé cette date pour parvenir à cet objectif, s'est réjouie lundi qu'au moins "tous les Etats sont d'accord sur la nécessité de parvenir à l'objectif" d'un rendement maximum durable des stocks de poissons, même si certains plaident pour repousser la date butoir à 2020.

Tout en promettant aux ministres d'être "proportionnée" et "pragmatique", Mme Damanaki a laissé entendre qu'elle était prête à discuter d'un report d'une à deux années, tout en excluant que l'UE ne revoie ses ambitions à la baisse en ne s'entendant que sur objectif du rendement maximum durable "là où c'est possible".

Elle a en même temps promis de fournir prochainement de meilleurs avis scientifiques pour davantage de stocks de poissons. "Mais au bout du compte, nous avons réellement besoin d'une limite", a-t-elle souligné.

Certains Etats, dont la France, plaident pour un report à 2020 de l'objectif du rendement maximum durable, en arguant notamment ne pas disposer de clarté sur l'état réel de certains stocks. Ils jugent également la mesure irréalisable dans le cas des pêcheries mixtes, qui concernent plusieurs stocks de poissons.

Les ONG sont furieuses. "Les Etats ne semblent pas réaliser le sérieux de la situation", a remarqué Roberto Ferrigno, du WWF. "Nos mers sont en train de mourir à une vitesse alarmante".

Et pourtant, a-t-il relevé, "beaucoup d'Etats essaient de diluer cette proposition de la Commission alors que c'est exactement ce qu'il faut faire pour parvenir à une nouvelle politique de la pêche durable".