marine ocean logo
Actualités en direct (AFP)

Réforme de la pêche: l'UE en passe de revoir ses ambitions à la baisse


BRUXELLES, 8 juin 2012 (AFP) -

Les gouvernements européens devraient s'entendre mardi sur un projet de réforme censé rendre le secteur de la pêche plus respectueux de l'environnement, mais nettement moins ambitieux que le projet initial de la Commission européenne, selon des sources diplomatiques.

Afin de donner le ton des négociations qui vont s'ouvrir prochainement avec le Parlement européen, les ministres européens de la Pêche sont attendus mardi à Luxembourg pour s'entendre sur les grandes lignes de cette réforme qui doit entrer en vigueur en 2014.

Les 27 ministres devraient pouvoir "parvenir à un accord mardi" à Luxembourg, juge un diplomate européen. "Plusieurs points sont en passe d'être réglés", confirme un autre.

Les objections formulées par plusieurs grands Etats pêcheurs au projet de la Commission devraient avoir raison d'une de ses pierres angulaires: l'instauration d'un marché des quotas de pêche en Europe.

Critiquée par ses détracteurs qui l'accusent de vouloir introduire une forme de "privatisation des mers", la Commissaire à la Pêche Maria Damanaki arguait que ce marché des quotas permettrait de réguler le nombre de navires tout en responsabilisant les pêcheurs en les rendant propriétaires de ces concessions, monnayables sur le marché.

Le compromis sur la table prévoit que ces "concessions de pêche transférables", qui existent déjà dans certains Etats de l'UE comme le Danemark, restent facultatives à l'avenir, soulignent plusieurs sources.

Autre élément clé de la proposition de la Commission, l'objectif de ne pêcher, d'ici 2015, que le strict nécessaire pour ne pas mettre en danger la reconstitution des stocks de poisson menacés: sur ce point également "le calendrier qui commence à être largement accepté consiste à dire +2015, là où c'est possible, mais au plus tard en 2020+", précise un négociateur.

Un des points encore en suspens concerne le projet d'interdiction d'ici 2016 des rejets à la mer de poissons non commercialisables.

"Sur ce point la discussion sera tendue", pronostique un diplomate, entre d'un côté "de plus en plus d'Etats favorables au principe d'une élimination graduelle des rejets" et de l'autre des pays comme la Belgique, la France, l'Espagne ou le Portugal qui ont encore "des difficultés avec cette proposition".