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Pour les parties civiles, les accusés du Ponant ne sont pas des "Robins des mers"


PARIS, 8 juin 2012 (AFP) -

Les avocats des parties civiles ont décrit vendredi les six Somaliens accusés de la prise d'otages du voilier le Ponant en 2008 comme des pirates organisés et motivés par l'appât du gain, réfutant toute idée de "Robins des mers".

Me Olivier Metzner, avocat du propriétaire du navire, la Compagnie du Ponant, et de sa maison-mère CMA-CGM qui a payé une rançon de 2,15 millions de dollars pour la libération le 11 avril 2008 des 30 membres d'équipage, a repoussé les "faux alibis" et "fausses motivations" avancées selon lui par les accusés.

"Ils sont pauvres, on le sait", a déclaré Me Metzner lors d'une matinée consacrée aux plaidoiries des parties civiles, avant le réquisitoire lundi.

Mais à ses yeux, leur opération n'a rien à voir avec les problèmes de pollution des eaux somaliennes par des navires étrangers qui ont pu être évoqués pendant le procès. "Ils étaient là pour de l'argent, uniquement pour de l'argent", a-t-il dit, raillant l'idée selon laquelle "il s'agirait de Robins des mers, de gens qui travailleraient pour la collectivité".

"Est-ce par hasard qu'ils ont arraisonné un bateau appartenant à une compagnie internationale importante, ayant les ressources" de payer une rançon, a demandé Me Metzner, assurant que les accusés "ont des relais" et que leur action n'a pu exister que "dans le cadre d'une organisation quasi-professionnelle".

"Dès lors que vous participez à une action concertée, quel que soit votre rôle, le droit français veut que vous soyez co-auteur", a-t-il ajouté, alors qu'un seul des mis en cause reconnaît être un pirate, deux autres se présentant comme des ravitailleurs et trois affirmant ne jamais être montés sur le Ponant.

A l'issue d'un procès "emblématique", "votre décision sera importante pour l'avenir, pour le droit de la mer, la liberté de navigation", a-t-il conclu, alors que la cour d'assises de Paris doit rendre son verdict jeudi.

Me Michel Quimbert, qui représente la quasi-totalité des membres d'équipage, a souligné que la Compagnie du Ponant a renoncé à naviguer dans l'Océan Indien, en raison des actes de piraterie de plus en plus violents. "Situation absurde" où les "actions criminelles" des pirates compromettent le développement économique de toute une région, a-t-il regretté.