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Accord a minima des Européens pour réformer la Politique commune de la pêche


BRUXELLES, 13 juin 2012 (AFP) -

Les ministres européens chargés de la pêche ont laborieusement trouvé un accord, tôt mercredi, pour réformer la Politique commune de la pêche, mais les ambitions affichées au départ ont été sérieusement revues à la baisse.

Censé entrer en vigueur en 2014, le texte proposé par la commissaire européenne chargée de la pêche, Maria Damanaki, prévoyait la mise en place de "vrais changements par rapport au passé" et était censé apporter des réponses durables au problème de la surpêche.

Au bout du compte et après 20 heures de négociations, les ministres européens réunis à Luxembourg ont trouvé un accord a minima, refusant notamment la mise en place immédiate d'une interdiction des rejets.

Les ministres européens ont choisi une mise en oeuvre progressive de cette mesure allant "au moins" jusqu'en 2018 dans l'Atlantique ou 2019 en Méditerranée. Ce calendrier doit encore faire l'objet de négociations avec le Parlement européen.

Concernant les "concessions de pêche transférables" qui devaient permettre de laisser le marché réguler le nombre de navires tout en responsabilisant les pêcheurs, la liberté a été laissée aux Etats de mettre en place ou non des concessions de pêche transférables. Pour le ministre français Frédéric Cuvillier il s'agit d'éviter "une privatisation" de la ressource.

Les ministres européens ont également rejeté la proposition de la Commission de supprimer à compter de 2013 les aides à la flotte. Les négociations pour la mise en place du futur Fonds européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche pour la période 2014-2020 s'engageront cet automne.

"Le texte initial proposé par la Commission a donc été largement amendé et amélioré", s'est félicité M. Cuvillier.

Mais cet avis n'est pas unanimement partagé. Les représentants des Pays-Bas et de la Suède ont voté contre le compromis et regretté que le texte présenté par la Commission soit vidé de sa substance. Le Portugal, la Slovénie et Malte ont également rejeté le compromis, mais pour des raisons inverses, estimant que le texte accordait trop d'importance aux facteurs environnementaux.

Le résultat est "très décevant", a estimé Xavier Pastor, le directeur de l'ONG Oceana. Mais, a-t-il nuancé, "les ministres ne remettent pas en cause la nécessité de changer la gestion de la pêche, ils ont juste admis qu'ils ne sont pas prêts à le faire dès maintenant".

Par rapport à l'accord trouvé à Luxembourg, "la proposition de la Commission est plus ambitieuse", a rappelé de son côté Mme Damanaki. Elle s'est cependant félicitée du "pas en avant" que représente, selon elle, le compromis. Elle a salué notamment le fait que "des dates claires" ont été posées pour l'interdiction des rejets en mer des poissons non commercialisables.

"Il appartient maintenant au Parlement européen de donner son avis sur la proposition de la Commission", a-t-elle dit.