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Une ONG française dénonce les dégâts de la pêche électrique


PARIS, 14 juin 2012 (AFP) -

La pêche électrique à la sole, pratiquée par des dizaines de chalutiers néerlandais, belges et britanniques, est "une fausse bonne réponse" aux critiques sur la destruction des fonds marins par le chalutage et la surpêche, a estimé jeudi l'ONG française Robin des Bois.

Après l'échec des ministres européens de la Pêche à s'entendre sur une nouvelle politique commune pour endiguer la surpêche fatale aux ressources halieutiques, l'association de défense de l'environnement veut rappeler que cette technique du "taser pour les soles", autorisée initialement à titre expérimental en Europe en 2006, est depuis devenue une "pratique courante".

"En 2012 ce sont 74 chalutiers des Pays-Bas, de Belgique et du Royaume Uni qui pêchent la sole avec le concours de l'électricité", a indiqué à l'AFP Jacky Bonnemains, porte-parole de Robins des Bois. "Dans le cas des Pays-Bas cela représente 10% de la flotte des chalutiers du pays", a-t-il précisé.

"Les équipementiers et les pêcheurs disent que les chaluts électriques sont moins lourds que les chaluts classiques et perturbent moins les fonds, et que ça fait partie des techniques du futur" car le navire consomme moins de fioul et produit donc moins de CO2, a-t-il rappelé.

Ces navires sont munis à l'avant d'un dispositif émettant des décharges électriques étourdissant les poissons qui remontent alors à la surface où il n'y a plus qu'à les ramasser dans les filets.

Pour Robin des Bois cette technique provoque des hémorragies, fractures et autres blessures chez les poissons qui en sont victimes. Elle a des impacts négatifs sur les embryons, larves, coquillages et crustacés dans les fonds marins, voire pourrait réduire la capacité de reproduction de la faune marine.

Interdit en 1998 par l'Union européenne, la pêche électrique a été autorisée de nouveau en 2006 à titre expérimental pour certaines flottes "sous la pression des Pays-Bas et des fabricants d'engins de pêche", selon les écologistes.

L'autorisation européenne est valable jusqu'au 31 décembre 2012, selon une réglementation du conseil de l'UE du 17 janvier dernier et qui va devoir être prochainement réexaminée.

Les ministres de l'UE ont trouvé un accord a minima mercredi sur la politique commune de la pêche, avec des ambitions sérieusement revues à la baisse concernant notamment le problème de la surpêche.