marine ocean logo
Actualités en direct (AFP)

Syrie : Pillay veut juger ceux qui ont attaqué les observateurs de l'ONU


GENEVE, 18 juin 2012 (AFP) -

Navi Pillay, haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, a une fois de plus accusé Damas de crimes contre l'humanité et demandé que les auteurs des violences en Syrie soient jugés, y compris ceux qui ont attaqué les observateurs de l'ONU.

"Le gouvernement de Syrie devrait cesser immédiatement l'utilisation d'armes lourdes et le bombardement de zones habitées, car de telles actions équivalent à des crimes contre l'humanité et autre possibles crimes de guerre", a déclaré Mme Pillay à l'ouverture de la 20e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Cet appel intervient au moment où les forces gouvernementales ont repris lundi le bombardement de la ville rebelle de Homs, dans le centre de la Syrie, et procèdent à des opérations dans la province de Damas, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ancienne juge à la Cour pénale internationale (CPI) a exhorté la communauté internationale à "surmonter les divisions".

"Nous devons aussi faire tout notre possible pour s'assurer que des comptes soient demandés aux auteurs, y compris ceux qui ont attaqué les observateurs de l'ONU en Syrie", a-t-elle dit, soulignant les "attaques quotidiennes" contre les convois des observateurs onusiens qui ont annoncé samedi la suspension de leur mission en raison de "l'intensification des violences".

Selon un bilan de l'OSDH datant de jeudi dernier, les opérations de répression et les combats entre armée et rebelles ont fait au moins 3.353 morts depuis le 12 avril, date d'entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu dont les observateurs étaient censés surveiller l'application.

De son côté, l'ambassadeur syrien auprès de l'ONU à Genève, Faysal Khabbaz Hamoui, a estimé que le discours de Mme Pillay ne faisait qu'"empirer la crise".

"Dans ses déclarations, nous n'avons pas entendu d'appels vraiment sincères visant à mettre fin aux violences, meurtres, destructions (...) ni aux violations des droits de l'homme commises en Syrie par des extrémistes d'Al-Qaïda et tous ceux qui se rallient à leur cause", a-t-il dit.

M. Khabbaz Hamoui a par ailleurs jugé que "la coopération entre le gouvernement syrien et le groupe d'experts internationaux est excellente" et a expliqué que ces experts avaient pu "se rendre dans toutes les zones où avaient lieu des massacres" et avait pu "faire les enquêtes nécessaires".

Un peu plus tôt, le représentant russe, Roman KachaÏev, a indiqué aux 46 autres membres du Conseil des droits de l'homme que "la crise syrienne" devait "être réglée uniquement par l'entremise de la voie pacifique", relevant que la mise sur pied d'une conférence internationale permettrait de donner "un élan supplémentaire" au plan de l'émissaire international Kofi Annan.

"Dans ce contexte, il faudrait se garder de toute action qui mettrait en cause ces efforts", a-t-il averti.

Au même moment, sur le terrain, la Russie se préparait à envoyer deux navires de guerre amphibies avec à leur bord des marins vers le port de Tartous en Syrie, seule base navale russe en Méditerranée, selon une source au sein de l'état-major de la marine russe, citée par l'agence de presse Interfax.

La crise syrienne sera à nouveau au menu du Conseil le 27 juin avec la mise à jour des activités de la Commission d'enquête internationale indépendante sur la Syrie qui présentera aussi son rapport sur les événements d'Houla conformément au mandat que lui a confié le Conseil le 1er juin.

Mandatée en août dernier par le Conseil, la commission d'enquête n'a toujours pas reçu le feu vert de Damas pour entrer en Syrie. Ce que l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'ONU, Mme Eileen Chamberlain Donahue, a une nouvelle fois déploré lundi à Genève, tandis que le représentant de l'Union européenne s'est dit "scandalisé par le nombre des civils tués".