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Les pirates somaliens affaiblis mais pas vaincus (force européenne Atalante)


BRUXELLES, 19 juin 2012 (AFP) -

Les actes de piraterie ont diminué dans l'océan Indien mais la communauté internationale ne peut pas baisser la garde et doit maintenir des navires de guerre dans la zone, a déclaré mardi le commandant de la force européenne Atalante.

"On ne peut pas se permettre d'être complaisant", a affirmé l'amiral Duncan Potts au cours d'une conférence de presse à Bruxelles. "Nous avons accru la pression sur les pirates et ne devons pas la relâcher", a-t-il ajouté, en avertissant que les progrès réalisés étaient "réversibles".

Après avoir fortement augmenté au début des années 2000, les attaques réussies de navires marchands sont devenues moins fréquentes : 28 au premier semestre 2011, trois au second et cinq depuis janvier, selon les statistiques d'Atalante. Sept navires, avec quelque 213 membres d'équipage, sont actuellement sous le contrôle des pirates, contre 20 et 550 il y a un an.

Parallèlement, le nombre de pirates interpellés s'est accru et 1.009 sont actuellement détenus, en attente de jugement ou condamnés, dans 20 pays.

Atalante déploie depuis fin 2008 entre quatre et sept navires de combat européens au large de la Somalie, aux côtés notamment de la force anti-piraterie de l'Otan. Elle a récemment renforcé son mode d'action avec la destruction d'une base côtière de pirates, bombardée par un hélicoptère en mai.

"Nous avons réalisé d'importants progrès tactiques, mais le contexte stratégique ne change pas (...) Il ne changera pas tant que la situation ne s'améliorera pas en Somalie sur les plans de la sécurité et de la gouvernance", a estimé l'amiral britannique.

"La piraterie ne va pas s'arrêter rapidement", a également averti Alexander Rondos, le représentant spécial de l'UE pour la Corne de l'Afrique, en défendant "l'approche globale" des Européens dans cette zone. La piraterie est "une forme de criminalité organisée" et doit "être combattue" comme telle, notamment au niveau de ses sources de financement, selon lui.

Estimant que "seuls l'instauration d'un Etat de droit et le développement économique permettront de mettre un terme au climat propice au crime organisé", l'UE est devenue le principal donateur pour la Somalie, avec 315 millions d'euros engagés depuis 2008.