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Procès du Ponant: le parquet général a décidé de ne pas faire appel


PARIS, 25 juin 2012 (AFP) -

Le parquet général de Paris a décidé de ne pas faire appel du verdict du procès de la prise d'otages du Ponant, dans lequel deux acquittements et quatre peines de quatre à dix ans de prison ont été prononcées le 14 juin pour six Somaliens, a-t-on appris lundi.

"Il n'y aura pas d'appel", a-t-on indiqué au parquet général, interrogé par l'AFP.

Les deux acquittés avaient été remis en liberté quelques heures après le verdict, tout comme l'homme condamné à quatre ans de prison puisque cette peine était couverte par sa détention provisoire. Tous trois ont toujours clamé leur innocence.

Me Martin Pradel, avocat de l'un des deux acquittés, s'est félicité de l'absence d'appel tout en regrettant "un immense gâchis", soulignant que son client a été "privé de liberté pendant quatre ans alors qu'il est innocent".

La décision du parquet général marque "la fin d'un véritable fiasco judiciaire", a-t-il estimé.

Les trois Somaliens qui sont sortis de prison sont actuellement logés dans un foyer d'hébergement d'urgence à Paris. Mais leur situation est "excessivement précaire" car ils sont sans papiers et sans ressources, a souligné Me Pradel. Ils ont l'intention de faire des demandes d'asile en France.

Le parquet général avait requis 10 à 15 ans de réclusion criminelle pour les six accusés de 25 à 50 ans.

Le Ponant avait été arraisonné le 4 avril 2008 à l'entrée du Golfe d'Aden, et dérouté vers les côtes somaliennes. Plusieurs dizaines d'hommes s'étaient relayés à bord pendant une semaine pour garder les 30 membres d'équipage.

Les otages avaient été libérés sains et saufs le 11 avril contre une rançon de 2,15 millions de dollars versée par l'armateur, filiale de la CMA-CGM.

Les six accusés avaient été interpellés à terre par les forces spéciales françaises, dans un 4X4 où avaient été découvertes des armes et une partie de la rançon.

Pendant le procès qui avait débuté le 22 mai, un seul avait reconnu avoir participé à toute l'opération. Deux autres s'étaient présentés comme des ravitailleurs des pirates en chèvres, khat et cigarettes, l'un des deux admettant cependant avoir gardé les otages "quelques heures".