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Contrat d'armement Malaisie/France: un ministre malaisien nie toute corruption


KUALA LUMPUR, 26 juin 2012 (AFP) -

Le ministre malaisien de la Défense Ahmad Zahid Hamidi a réfuté mardi les allégations selon lesquelles son pays aurait vendu à un fabricant d'armes français, Thales, un document officiel top secret afin de le favoriser dans un contrat de vente de sous-marins à la marine malaisienne signé il y a 10 ans.

Le Premier ministre Najib Razak avait lui-même nié dans le passé les accusations de corruption le visant, dans le cadre de l'achat à la France pour 1,1 milliard de dollars de deux sous-marins de type Scorpène, en 2002 alors qu'il était ministre de la Défense. Selon le chef du gouvernement malaisien, ces attaques relèvent d'une campagne de diffamation menée par l'opposition pour le salir.

Ces derniers mois, cependant, des médias en ligne de Malaisie ont diffusé de nouvelles "preuves à charge" qui auraient été fournies par des magistrats français enquêtant sur les conditions de ce contrat, selon une organisation anti-corruption et de défense des droits de l'Homme, Suaram.

Lundi, le site Asia Sentinel a publié 133 documents, censés provenir des investigations françaises en cours, et tendant à prouver que le contrat "a été lié à une longue suite de chantage, pots de vin, trafic d'influence, abus de biens sociaux et dissimulation, entre autres". Asia Sentinel met en cause notamment le Premier ministre malaisien et le chef de la diplomatie française de l'époque, Mahathir Mohamad et Alain Juppé, qui auraient eu vent de certains de ces "faits délictueux".

Mardi, l'actuel ministre de la Défense, Ahmad Zahid Hamidi, répondant à une interpellation de l'opposition sur ce sujet, a affirmé devant le Parlement qu'aucune information de caractère confidentiel n'avait fuité, et que le contrat avait résulté "de négociations directes en accord avec les procédures de passation des commandes publiques".

"A la connaissance de ce ministère, il n'existe jusqu'à présent aucun élément démontrant que des informations seraient sorties de Malaisie", a-t-il lancé.

D'un point de vue général, "le ministère n'a jamais payé de commission, directement ou indirectement, à quelque firme que ce soit lors de la commande des sous-marins Scorpène", a-t-il encore assuré.

Cette affaire intervient à un moment délicat pour Najib Razak, qui s'apprêterait à convoquer des élections législatives.

Suite à une plainte de l'ONG malaisienne Suaram, deux juges d'instruction français, Roger Le Loire et Serge Tournaire, ont été désignés en mars 2010 pour enquêter sur d'éventuels faits de "corruption active et passive" et "abus de biens sociaux" lors de la vente des deux Scorpène et de celle d'un Agosta d'occasion.

L'enquête préliminaire a mis au jour trois circuits de commissions potentiels.

Le plus important des trois concerne le versement de 114 millions d'euros par la société Armaris, filiale de la Direction des constructions navales (DCN) et de Thales, à la société malaisienne Perimekar contrôlée par des proches du Premier ministre Najkib Razak, alors ministre de la Défense.

Le gouvernement malaisien a démenti toute commission, assurant que Perimekar avait conclu un contrat de six ans de fournitures de services.

La polémique sur le contrat a été alimentée également par l'assassinat en octobre 2006 d'une interprête et intermédiaire mongole lors des négociations sur ces ventes d'armements. Cette femme, Altantuya Shaaribuu, était la maîtresse d'un proche conseiller de M. Rajib Razak, Abdul Razak Baginda, largement impliqué dans les discussions et bénéficiaire d'un des contrats "de consultant" actuellement examinés de près par la justice française.