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Comores: profil bas pour les jeunes athlètes de Mayotte afin de ménager Moroni


MORONI, 11 juil 2012 (AFP) -

Les hymnes nationaux, et notamment français, seront remplacés par l'hymne olympique durant les 8ème Jeux des jeunes de l'Océan Indien afin de ménager les susceptibilités des Comores, où la participation de Mayotte sous les couleurs françaises a fait polémique, a-t-on appris mercredi auprès des organisateurs.

Mayotte, devenue 101ème département français en 2011, est toujours revendiquée par Moroni.

Pour ces jeux l'hymne olympique remplacera les hymnes nationaux et les jeunes athlètes du 101ème département français, contrairement aux Réunionnais, "ne défileront pas derrière le drapeau français, mais derrière celui de la CJSOI", la Commission de la jeunesse et des sports de l'Océan Indien, a indiqué Soilihi Moumine, secrétaire général du comité d'organisation des jeux.

L'archipel des Comores est composé des îles d'Anjouan, Grande-Comore, Mohéli et Mayotte. La France avait maintenu son administration sur cette dernière lors de l'accession du territoire à l'indépendance en juillet 1975.

La participation pour la première fois de Mayotte comme entité à des jeux de l'Océan Indien, se déroulant de surcroît aux Comores, a suscité une polémique.

Fin mai, six personnalités, anciens ministres, ambassadeurs, etc, avaient adressé une lettre au président comorais Ikililou Dhoinine pour lui dire que "la participation des Mayotte, en tant qu'entité française violait les principes sacro-saints de l'unité et de l'intégrité territoriale des Comores."

Ils estiment également qu'"en autorisant une compétition Comores/Mayotte", le gouvernement "entérine un acte considéré par la Constitution comme "nul de plein droit", "un reniement historique de notre souveraineté sur l'île comorienne de Mayotte", susceptible de "poursuites judiciaires".

Ils parlent même d'"un acte de haute trahison nationale".

Malgré cela, la cérémonie d'ouverture mardi de ces jeux à Moroni, qui rassemble des athlètes de 14 à 17 ans, s'est bien déroulée.

"Nous craignions des réactions contre les jeunes athlètes maorais. Il n'y a pas eu d'incident. Au contraire, il y a eu comme une fraternisation, surtout lors de l'escale d'Anjouan, on leur a offert spontanément des rafraichissements. Je suis très satisfait de ce geste", a déclaré Ahmed Mahamoud, commissaire à la jeunesse et aux sports, joint au téléphone par l'AFP.