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La Grèce craint une vague d'arrivée de réfugiés syriens (ministre)


ATHENES, 17 sept 2012 (AFP) -

La Grèce s'apprête à renforcer ses contrôles aux frontières maritimes et terrestres dans l'hypothèse d'une vague massive d'arrivée réfugiés syriens, a annoncé lundi le ministre de l'Ordre public Nikos Dendias.

Le ministre a précisé devant la presse, à l'issue d'une réunionavec ses homologues de la Défense et de la Marine marchande chez le Premier ministre Antonis Samaras, qu'ils avaient discuté de mesures pour renforcer les contrôles en mer Egée.

"Une vague de migrants commence à être perceptible, elle n'a pas encore atteint la Grèce en nombre important, actuellement elle se dirige vers la Turquie, la Jordanie et l'Irak, mais le pays doit être prêt", a-t-il expliqué.

Selon un communiqué officiel rendu public lundi, le gouvernement a aussi préparé une nouvelle loi qui prévoit des peines plus lourdes pour les immigrants sans papiers ayant commis des délit que pour les citoyens grecs ou les immigrés régularisés.

En cas d'"action criminelle intentionnelle commise par des immigrants illégaux, leur entrée illégale dans le pays" sera considérée comme une circonstance aggravante, selon le texte.

L'objectif de cette loi est de contrôler d'une manière plus stricte la criminalité parmi les clandestins et aussi d'avoir un effet dissuasif sur ceux qui envisagent une entrée illégale dans le pays.

Quant aux réfugiés syriens, leur nombre dans les pays limitrophesde la Syrie a dépassé le cap des 250.000, avait annoncé mardi le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), après 18 mois d'un conflit qui a fait plus de 27.000 morts, selon les ONG.

En Jordanie, le HCR a comptabilisé 85.197 réfugiés, dont 35.961 attendent d'être enregistrés. Au Liban, ils sont 66.915, en Irak 22.563 et en Turquie 78.431.

La Grèce en crise, devenue la porte d'entrée de l'immigration illégale dans l'Union européenne, a bien du mal à faire face dignement à des vagues d'arrivée de clandestins et de demandeurs d'asile passés par la Turquie.

Des renforts de police ont été envoyés sur la frontière nord avec la Turquie, principale voie d'accès des réseaux de passeurs organisés, mais les arrivées semblent se faire désormais aussi via les îles de la mer Egée proches des côtes turques.

Dans une interview au Washington Post publiée le week-end dernier, M. Samaras a mis en garde contre toute "destabilisation" de la Grèce via une vague d'arrivée massive de réfugiés syriens.

"Je me lève chaque matin en me demandant ce qui s'est passé en Syrie", a-t-il déclaré au journal. "Des milliers de gens pourraient arriver en Grèce et l'immigration illégale est déjà un très gros problème pour nous". "Imaginez si ce chiffre est multiplié par dix", a-t-il ajouté.