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Surpêche: un moratoire serait économiquement rentable à terme (étude)


PARIS, 19 sept 2012 (AFP) -

Un moratoire de quelques mois à neuf ans sur les espèces de poissons les plus surpêchées en Europe, dans le nord-est de l'Atlantique, serait à terme économiquement rentable, avance une étude de la New economics foundation (NEF), basée à Londres.

Le centre de recherches avance le chiffre de 10,5 milliards d'euros à investir d'ici 2023, pour compenser les revenus des pêcheurs et maintenir les navires pendant les périodes de non-pêche, avec pour objectif la reconstitution totale des stocks de poissons.

La NEF soutient que des investisseurs privés pourraient être intéressés dans la perspective d'un retour sur investissement assuré à terme.

"Pour un euro investi, un bénéfice de 1,48 euro est généré au cours de la première décennie", selon l'étude.

La NEF assure aussi qu'après la reconstitution totale des stocks, à l'horizon 2023, la valeur totale des prises de poissons serait presque triplée, générant 16,85 milliards d'euros de revenus chaque année.

D'après Rupert Crilly, chercheur en économie environnementale à la NEF, sur 49 stocks de poissons surpêchés et étudiés, 10 seraient reconstitués en deux ans, 28 sur quatre ans, 44 sur six ans et la totalité sur neuf ans.

"La plupart des stocks de poissons peuvent être reconstitués d'ici cinq ans, y compris la morue islandaise et tous les merlus, maquereaux et merlans", indiquent les auteurs de l'étude baptisée "No catch investment".

"La surpêche est un problème grave qui touche la majorité des stocks de l'Union européenne", souligne-t-il. "Pendant trop longtemps, on s'est concentré sur le coût à court terme d'une solution, plutôt que sur les bénéfices économiques, environnementaux et sociaux d'une bonne gestion des stocks", ajoute-t-il.

Le chercheur cite Madagascar et l'île de Rodrigues comme des exemples de territoires ayant décidé de suspendre certaines pêches afin de reconstituer des populations de poissons.

"Un tel moratoire sera difficile à négocier", reconnaît le chercheur, mais il lui paraît indispensable : "l'industrie de la pêche n'est pas durable aujourd'hui en Europe".