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Somalie: les premiers soldats de l'UA sont entrés dans Kismayo (habitants)


MOGADISCIO, 01 oct 2012 (AFP) -

Des premiers éléments du contingent kényan de la Force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), épaulés par des forces somaliennes, sont entrés lundi dans la ville portuaire de Kismayo, dernier bastion des insurgés islamiste shebab qui s'en sont retirés la semaine dernière, selon des habitants.

"Ils sont arrivés par l'ouest de la ville et sont en train de se déployer", a déclaré l'un d'eux, Aden Ismail, à l'AFP. Les shebab ont évacué la ville dans la nuit de vendredi à samedi face à un assaut massif lancé vendredi par les troupes kényanes qui avaient depuis pris position dans les faubourgs.

"Nous pouvons les voir désormais, je vois des officiers somaliens et des Kényans très lourdement armés", a de son côté rapporté Asha Mohamed Aden, une mère de famille, interrogée par l'AFP par téléphone.

"Ils transportent beaucoup d'armes", a-t-elle ajouté.

Dans l'immédiat, les habitants restaient majoritairement chez eux et n'allaient pas à la rencontre des troupes. Certains se disaient heureux du départ des shebab, tout en restant méfiants vis-à-vis des forces kényanes et gouvernementales somaliennes.

"Beaucoup de gens sont heureux de les voir arriver parce qu'ils étaient fatigués de la mauvais administration shebab", a ainsi expliqué Abudullahi Farey Hassan, un habitant. "Mais, je reste sur mes gardes jusqu'à ce que je vois (...) qu'ils sont mieux que les shebab", a-t-il ajouté.

Selon des habitants, le départ des shebab, qui tenaient le port d'une main de fer depuis août 2008, a débouché sur des pillages et des règlements de comptes et laissé la voie libre à des milices claniques dont les membres se sont rapidement multipliés en ville.

Un de ses habitants, Hussein Duale, avait expliqué à l'AFP dans la matinée que "la guerre civile pouvait éclater à n'importe quel moment si les troupes (kényanes et gouvernementales somaliennes) n'entraient pas en ville".

Selon les observateurs, asseoir l'autorité du nouveau gouvernement central à Kismayo, théâtre de luttes claniques étouffées par la domination shebab, s'annonce un véritable défi.