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Assaut du Mavi Marmara: début mardi à Istanbul du procès d'officiers israéliens


ISTANBUL, 05 nov 2012 (AFP) -

Le procès dequatre ex-chefs de l'armée israélienne impliqués dans un assaut meurtrier israélien contre un navire d'aide humanitaire pour Gaza en 2010 débute mardi devant un tribunal d'Istanbul, très probablement en l'absence des accusés, selon les avocats des victimes.

L'ex-chef d'état-major de l'armée israélienne, Gabi Ashkenazi, les ex-chefs de la marine et de l'aviation, Eliezer Alfred Marom et Avishai Levi, et l'ex-chef des services secrets Amos Yadlin vont être jugés pour leur implication dans l'assaut contre le navire Mavi Marmara, au cours duquel avaient péri neuf ressortissants turcs.

"Nous avons identifié certains des commandos israéliens impliqués dans le raid mais je pense que le procureur n'a pas été en mesure de vérifier du côté israélien. Donc l'affaire porte sur les quatre commandants israéliens, dès lors qu'ils se trouvaient à la tête du mécanisme de décision", a déclaré à l'AFP Me Buhari Cetinkaya, un des cinq avocats des victimes.

Le ministère public a requis la prison à vie pour les quatre hommes, mais ce procès restera selon toute vraisemblance symbolique, Israël excluant que ses militaires soient jugés, a fortiori de les extrader.

L'ambassade d'Israël à Ankara n'a pas donné suite aux demandes d'informations de l'AFP concernant une hypothétique présence des anciens militaires au procès ou celle d'avocats pour assurer leur défense.

Les poursuites portent sur l'assaut donné le 31 mai 2010 dans les eaux internationales par des commandos israéliens au Mavi Marmara, navire amiral d'une flottille d'aide humanitaire qui tentait de rallier Gaza, sous blocus israélien.

L'acte d'accusation reproche aux soldats israéliens d'avoir fait un usage largement disproportionné de la force contre les militants turcs, les accusant d'avoir "mitraillé des gens qui brandissaient des fourchettes, des cuillères ou des hampes de drapeau".

En septembre dernier, le rapport Palmer de l'ONU avait jugé "excessive" et déraisonnable cette intervention militaire, mais avait considéré comme étant légal le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.

Cette affaire a provoqué une grave crise diplomatique entre la Turquie et Israël, autrefois alliés. Ankara a abaissé le niveau de sa représentation diplomatique dans l'Etat hébreu, suspendu la coopération militaire, et a expulsé l'ambassadeur d'Israël.

Fin mai, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a qualifié de "très grave" le fait que la justice turque ait entamé de telles poursuites judiciaires.