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Plus de 5 migrants morts chaque jour aux frontières européennes en 2011


PARIS, 08 nov 2012 (AFP) -

Au moins 5 migrants sont morts chaque jour en tentant de franchir les frontières européennes en 2011, dont une grande majorité en mer, selon des chiffres de l'Atlas des Migrants, présenté jeudi par le réseau Migreurop.

Près de 2.000 personnes ont péri en 2011 en essayant de gagner l'Europe, dont 1.500 au premier semestre, selon ce réseau d'une quarantaine d'associations européennes et africaines qui milite pour la libre circulation des personnes.

Ce chiffre, lié notamment aux opérations militaires en Libye, est supérieur au bilan de 2010, mais légèrement inférieur au record de 2006, selon les données publiées dans l'Atlas des Migrants.

Le décompte pour 2012 n'est pas encore établi, mais rien qu'entre l'Espagne et le Maroc, 90 personnes ont encore péri au cours des deux dernières semaines, selon des sources marocaines.

Au total, plus de 16.250 migrants sont morts -par noyade, asphyxie, faim, froid ou suicide- aux frontières de l'Europe de janvier 1993 à mars 2012, peut-on lire dans l'Atlas des Migrants.

Sur ces 20 années, près de 13.000 migrants ont disparu en mer sur le flanc sud du continent (environ 6.000 dans le golfe de Sicile, 2.500 vers Gibraltar et près de 3.000 au large des îles Canaries).

"La frontière verte séparant, en pleine zone forestière, l'Ukraine de la Pologne, est un autre des axes meurtriers", précise l'ouvrage.

Ce décompte s'appuie sur un recensement de l'association United Against Racism, basée à Amsterdam, sur la base d'articles de presse ou d'informations d'acteurs de terrain.

Il s'agit, souligne Migreurop, "d'une représentation a minima d'une hécatombe ignorée", car la liste des noyés, notamment, est fondée sur le décompte des corps retrouvés ou les témoignages des survivants, occultant les embarcations qui disparaissent au large sans survivants.

Migreurop justifie ce "décombre macabre", "loin d'être exempt de biais", par la nécessité de "donner de la lisibilité à une situation trop souvent réduite à la fatalité et au fait divers".

"Il s'agit aussi d'une forme d'exigence morale et d'un hommage à rendre aux victimes", écrivent les auteurs de l'Atlas qui incriminent "les politiques migratoires restrictives" de l'Union européenne.