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Abe: la souveraineté nippone sur les Senkaku "pas négociable" avec la Chine


TOKYO, 17 déc 2012 (AFP) -

Le futur Premier ministre japonais, le conservateur Shinzo Abe, a affirmé lundi que la souveraineté japonaise sur les îles Senkaku n'était "pas négociable" avec la Chine.

"Les îles Senkaku font partie intégrante du territoire japonais. Le Japon possède et contrôle ces îles en vertu des lois internationales. Ce n'est pas négociable", a déclaré M. Abe lors d'une conférence de presse au lendemain du triomphe aux législatives du Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) qu'il préside.

Les Senkaku, appelées Diaoyu par Pékin, sont au centre d'un conflit territorial qui s'est aggravé depuis la nationalisation par Tokyo à la mi-septembre d'une partie de ces îles inhabitées de mer de Chine orientale.

Considéré comme un "faucon" en politique étrangère, M. Abe a promis pendant sa campagne de se montrer ferme à propos des différends territoriaux que le Japon entretient avec ses voisins, notamment avec la Chine.

Le chef des conservateurs avait averti dès dimanche soir que les îles Senkaku revendiquées par Pékin appartenaient au Japon, sitôt connu les estimations des sondages le donnant largement vainqueur des législatives.

"La Chine conteste le fait que (ces îles) sont une partie partie inhérente du territoire japonais. Notre objectif est de mettre fin à cette revendication", avait lancé M. Abe.

"Nous n'avons pas l'intention de détériorer les relations entre le Japon et la Chine", avait-il toutefois tenu à ajouter.

La réponse chinoise ne s'est pas faite attendre longtemps: lundi après midi la télévision d'Etat CCTV a décrit le grand-père du futur chef du gouvernement japonais, Nobusuke Kishi, comme un "criminel de guerre de classe A", bien que celui-ci n'ait jamais été formellement accusé et jugé lors de sa détention après la défaite japonaise en 1945.

Des manifestations antijaponaises, parfois violentes, avaient eu lieu à la mi-septembre dans de nombreuses villes chinoises après la nationalisation des îles par Tokyo. Au bout d'une semaine, Pékin avait mis le holà, mais des navires gouvernementaux chinois croisent depuis autour ou dans les eaux territoriales de ces îlots.

Jeudi dernier, la crise est montée d'un cran avec le survol de cet archipel par un avion gouvernemental chinois, dénoncé par le Japon comme la première violation de son espace aérien depuis l'aggravation du conflit.

Les autorités nippones avaient dénoncé ce survol jugé "extrêmement regrettable" et immédiatement fait décoller des chasseurs F-15.

Dans un commentaire publié avant le résultat des élections japonaises dimanche, l'agence officielle Chine nouvelle avait conseillé aux vainqueurs, quels qu'ils soient, "de concevoir leur politique étrangère avec une perspective pragmatique et à long terme" permettant au Japon "d'apaiser ses relations tendues avec ses voisins".

L'agence a dit s'inquiéter de "messages troublants" de formations plaidant pour l'intransigeance à l'égard de Pékin.

"Ces politiques, si elles étaient mises en oeuvre, dégraderaient davantage les relations du Japon avec ses voisins et aiguiseraient les risques politiques et militaires dans la région", souligne-t-elle.

En septembre dernier, le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta, de passage à Tokyo, avait averti que les conflits territoriaux actuels en Asie, notamment entre la Chine et plusieurs pays de la région, pourraient déclencher une guerre si les gouvernements concernés continuent "leurs provocations".