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Ceux qui réclament le départ d'Assad veulent la violence en Syrie (ministre)


DAMAS, 19 jan 2013 (AFP) -

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a refusé samedi soir toute discussion portant sur le départ du président Bachar al-Assad, affirmant à la télévision d'Etat que ceux qui posaient cette condition comme préalable voulaient la poursuite des violences.

Selon lui, les Américains et les Russes ne sont pas parvenus à s'entendre pendant leur dernière rencontre à Genève à propos de la Syrie parce qu'ils "n'entendent pas la même chose par période de transition".

"La partie américaine persiste à poser comme condition le changement de régime politique via un départ du président, ignorant le fait que le commandant d'un navire ne saute pas en premier du bateau qui chavire", a-t-il expliqué.

"Tant que les Américains et les parties qui complotent (contre la Syrie), dont des Syriens, s'accrochent à cette condition, cela signifie qu'ils veulent la poursuite de la violence et de la destruction de la Syrie", a-t-il ajouté.

"Personne ne peut dire qui est légitime, le peuple syrien a la décision finale via son libre choix dans les urnes", a-t-il encore dit, ajoutant que "personne ne peut se permettre de porter atteinte à la présidence, c'est inacceptable".

L'opposition veut également en préalable à toute négociation le départ de M. Assad, contesté depuis près de deux ans dans son propre pays et qui poserait de son côté comme condition sine qua non à toute transition la possibilité pour lui d'être candidat à sa propre succession.

Le ministre s'en est également pris à l'émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi, déjà étrillé par les autorités et la presse officielle.

Au cours de sa visite fin décembre à Damas, "il a adopté une position reprenant celle des Etats-Unis et du Golfe (...) qui complotent contre la Syrie. De ce fait, il est sorti du cadre de sa mission et il a trahi sa mission de médiateur, car un médiateur ne monte pas une partie contre l'autre".

Détaillant les points du plan de sortie de crise récemment proposé par M. Assad dans un rare discours, M. Mouallem a une nouvelle fois appelé à un dialogue national, insistant sur le fait que la "Charte nationale" censée en émerger "sera soumise à un référendum populaire".

Il a précisé que le gouvernement se chargeait d'organiser ce dialogue en contactant "toutes les composantes de la Syrie", estimant à "deux ou trois mois" la durée de ces préparatifs.

"Je dis aux comités de jeunes (tanssiqiates, en arabe) qui ont sincèrement pris les armes pour le changement et la réforme, participez au dialogue, à la construction de la nouvelle Syrie", a-t-il lancé.

Les militants opposés au régime sont organisés au niveau local en "comités", très actifs sur le terrain. C'est la première fois qu'un dirigeant syrien appelle des opposants au dialogue en les désignant aussi clairement.

"Comment voulez-vous plus de démocratie ?", a-t-il encore martelé, ajoutant que les autorités garantiraient à toutes les parties actuellement hors de Syrie et souhaitant participer à ce dialogue qu'elles puissent entrer et sortir du pays "sans problème".

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire devenue une guerre civile pendant laquelle plus de 60.000 personnes ont péri, selon l'ONU.