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Victorin Lurel en Polynésie après une charge contre la France du Président Temaru


PAPEETE (France), 20 jan 2013 (AFP) -

Le ministre des outre-mer Victorin Lurel est arrivé dimanche matin en Polynésie française, trois jours après un discours du président indépendantiste de cette collectivité d'outre-mer, Oscar Temaru, devant les pays non-alignés, où il attaquait la France, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette visite était programmée de longue date et n'est donc pas liée au discours d'Oscar Temaru.

Prévue sur trois jours, elle a été réduite à une journée seulement, car le ministre a appris le décès de sa mère à sa descente d'avion. Il doit repartir dimanche soir pour aller lui rendre un dernier hommage, en Guadeloupe.

Le président polynésien a prolongé son séjour à New York et ne rencontrera donc pas Victorin Lurel.

Oscar Temaru souhaite la réinscription de la Polynésie française, qu'il préfère nommer "Maohi Nui", sur la liste de l'ONU des territoires non-autonomes à décoloniser.

"Si nous comprenons les choses, nous n'approuvons pas une démarche", a déclaré Victorin Lurel à Papeete, devant la presse locale. "Il y aura le moment venu à discuter de cela, la France n'a pas peur de son Histoire et elle la regarde lucidement [...] Il n'y a pas de diabolisation, mais il n'y a pas non plus de précipitation", a-t-il ajouté.

Le parti socialiste et le tavini d'Oscar Temaru sont alliés, et le tavini avait soutenu François Hollande lors de sa campagne bien qu'il ait pris position contre l'indépendance.

A New York, devant le Mouvement des Non-Alignés, Oscar Temaru a pourtant radicalisé son discours. Il a estimé que la France avait traité les Polynésiens comme des "rats de laboratoire" lors des essais nucléaires, qu'elle avait "parfois donné du mou à la laisse du chien", et que les rapports entre France et Polynésie française relevaient du combat de "David et Goliath".

L'inscription sur la liste des territoires non-autonome à décoloniser ne mène pas forcément à l'indépendance, mais ouvrirait une possibilité d'autodétermination aux Polynésiens, avec un choix possible entre par exemple l'indépendance, le maintien de l'autonomie, un statut d'Etat associé, voire une départementalisation.

Pour Oscar Temaru, "sans lONU en guise darbitre entre la France et nous, cest de nouveau un combat ardu et inégal".

En l'absence du président Temaru, Victorin Lurel a rencontré le vice-président Antony Géros. Il s'est aussi rendu à Manihi, une île de l'archipel des Tuamotu, pour poser la première pierre d'un abri de survie en cas de catastrophe naturelle, et pour rencontrer des professionnels de la perliculture.

Le ministre de l'outre-mer a dû annuler plusieurs autres déplacements. Il devait visiter le futur site de la prison de Papeari, destinée à désengorger celle de Nuutania, l'une des plus surpeuplées de France. Il devait également se rendre sur les anciens sites militaires, que les communes polynésiennes souhaitent pouvoir utiliser.

Cette visite était aussi destinée à combattre la crise économique qui frappe la Polynésie. Le ministre a demandé à la collectivité un "effort de redressement", mais a souligné que "le dialogue est repris dans un esprit d'apaisement, parce que ce n'était pas le cas quand nous sommes arrivés, tout était bloqué", en référence aux tensions entre Oscar Temaru et le gouvernement central sous la présidence de Nicolas Sarkozy.